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dimanche, décembre 4, 2022

Sécurité hydrique : La création d’un Conseil national est recommandée

Par : Mehdi O.

Le changement climatique a déjà des conséquences importantes sur le secteur agricole et d’ici 2050, la hausse des températures, le stress hydrique et la multiplication d’événements extrêmes vont profondément affecter les cultures. Ces effets seront inégalement répartis sur les territoires et risquent d’aggraver les situations de crises alimentaires. Le commerce international peut-il avoir, dans ce contexte, un rôle stabilisateur ? C’est possible : les pertes de production en un lieu peuvent être compensées par une offre supplémentaire ailleurs, d’autant plus qu’une hausse des prix faisant suite aux chocs climatiques stimuleront de nouvelles productions dans de nouveaux lieux. L’ajustement vers une nouvelle géographie agricole risque cependant d’occasionner de multiples tensions, des replis protectionnistes et un accroissement des inégalités entre des pays de l’hémisphère Nord où l’adaptation est possible et des pays plus vulnérables qui vont perdre leurs rares spécialisations agricoles.

En effet, la réflexion sur la ressource hydrique doit impliquer des experts en la matière. Il est donc plus que nécessaire de créer un Conseil national de la sécurité hydrique pour apporter des solutions à cette stratégie d’eau, à l’horizon 2030-2050, déclare Ahmed Kettab, Expert Consultant en eau. Lors de son passage, ce mardi matin, à l’émission l’Invité de la Rédaction de la Chaîne 3 de la Radio Algérienne, M. Kettab estime que les réflexions menées dans le domaine de l’eau demeurent insuffisantes. « Les think tanks existants n’apportent pas des solutions suffisantes et durables, parce qu’ils sont composés à 90% par les mêmes postes de responsabilité », regrette-t-il, appelant à faire recours aux experts pour la création d’un Conseil national de la Sécurité hydrique, dépendant de la Présidence de la République. L’expert note, par ailleurs, que la ressource hydrique « n’est pas uniquement l’affaire du secteur de l’eau, mais celle de l’agriculture, de l’industrie et de l’énergie. » C’est pour cette raison, poursuit-il, qu’il faut diversifier les expériences et impliquer même les citoyens.

La presse et les mosquées pour sensibiliser les citoyens

Outre les réflexions et les solutions proposées par les experts, la sensibilisation pour la préservation de l’eau doit être la priorité des organes de la presse et des mosquées. « Il n y a pas mieux que la presse pour sensibiliser les citoyens. Dans chaque commune d’Algérie, il y a à peu près une dizaine de mosquées. Si nous arrivons à sensibiliser les citoyens à travers les imams nous obtiendrons un bon résultat », suggère-t-il.

Une consommation irrégulière pour une tarification régulière

Abordant le sujet de la tarification, M. Kettab regrette le manque d’informations à ce sujet. « Les études sur ce point enregistrent un manque flagrant », dit-il, précisant qu’il existe un décalage en termes de consommation parmi la population. « Un m3 est vendu à six dinars aux stations de lavage d’automobile. Le propriétaire utilise 200l pour laver 6 voitures et gagner 6000 dinars. Même si nous lui augmentons le prix, il assurera toujours son gain », prévient-il, avant de préconiser l’augmentation des tarifications aux grands consommateurs, et sa réduction aux citoyens qui ont de faibles revenus.

M.O.

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