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jeudi, juin 30, 2022

Secteur du BTP : Des problèmes entravent le retour à la normale

Le BTP a été très violemment impacté par les crises économique et sanitaire de ces deux dernières années. Les conditions de reprise ne sont pas optimales pour la quasi-totalité des entreprises des travaux publics. 

Pointant les difficultés liées à la flambée des prix des matériaux de construction comme le bois et le fer, le porte-parole de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), Aidh Moussa, a estimé que les entrepreneurs mettront du temps à retrouver une activité normale, d’autant plus que l’État n’a pas régularisé les créances impayées. 

Selon Aidh Moussa, certaines entreprises du BTP ont commencé à reprendre le travail, même si le manque de commandes publiques et de projets les avait  poussés à vendre quelques équipements et engins afin de préserver et d’assurer les salaires des travailleurs. Cependant, le frein majeur à la reprise de l’activité est le retard enregistré dans la régulation de leurs créances impayées par l’État, notamment pour les surcoûts de certains projets. 

Autre problème qui entrave aussi le retour à la normale pour les entreprises du BTP : la hausse effrénée des prix de certains matériaux de construction. 

Le secteur de la construction et des travaux publics est d’une importance économique majeure car il crée de la richesse et de l’emploi. En outre, de nombreuses activités y sont associées : production de matériaux de construction, transport, restauration, location d’équipements divers, ainsi que diverses activités commerciales, en plus de l’entrepreneuriat.  L’importance de ce secteur est confirmée par une règle mondiale connue des économistes qui dit  «quand le bâtiment va, tout va.» Les experts le confirment et considèrent que le bâtiment et les travaux publics sont les deux secteurs qu’il faut lancer au plus vite pour faire avancer la machine économique. 

Le porte-parole de l’AGEA a cité également des chiffres pour souligner l’importance du secteur dans la phase de construction économique, notamment après que les autorités ont annoncé vouloir faire de l’année en cours celle de la reprise économique. Il a estimé que le secteur de la construction et des travaux publics fournit plus de 1,5 million d’emplois, regrettant, toutefois, que le secteur ait perdu environ 500 000 postes d’emplois et déplore la fermeture de 4 000 entreprises. Il a lancé un appel à l’État pour soutenir et sauver les entreprises restantes, car, a-t-il mis en garde, si des projets en BTP ne sont pas lancés et en l’absence d’accompagnement par les banques, elles risquent aussi de disparaître. 

Il a indiqué que les entreprises de travaux publics ont une expérience suffisante et sont en mesure de faire progresser le secteur de la construction. Mais cela nécessite des décisions urgentes du gouvernement, notamment en trouvant une solution rapide au problème des prix élevés des matériaux, en réglant leurs créances et en leur permettant d’obtenir des projets en toute transparence. 

Aidh Moussa a plaidé aussi pour la facilitation de l’accès aux crédits bancaires, la révision et la mise à jour de la loi sur les marchés publics, en plus de la numérisation de tous les secteurs afin d’assurer le principe d’égalité des chances, et l’application du principe de préférence pour le produit national. Il a ajouté que si toutes ces conditions seront remplies, cela donnera une forte impulsion et un rebond à l’économie nationale. 

Pour rappel, en avril dernier, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a reçu, au Palais du gouvernement, une délégation de l’AGEA conduite par Mouloud Kheloufi et comprenant des membres du bureau de l’association, dans le cadre des rencontres de concertation avec le patronat et les opérateurs économiques. Lors de cette rencontre, le Premier ministre avait passé en revue la nouvelle vision adoptée par le gouvernement, issue des 54 engagements du président de la République, en vue d’instaurer les bases d’une économie nationale forte et libérée du système de la rente, et ce, à travers une exploitation optimale des potentialités du pays, de ses ressources naturelles et humaines et aussi l’orientation vers des secteurs stratégiques permettant de diversifier l’économie nationale, d’atteindre l’autosuffisance en produits de base et de s’intégrer dans les chaînes de valeur internationales. 

Après avoir entendu les préoccupations des opérateurs économiques, le Premier ministre avait affirmé que les chantiers de réforme lancés par le gouvernement permettront de mettre en place un écosystème adéquat et d’assurer l’accompagnement de l’État à l’effet de consolider le tissu des entreprises et de leur permettre d’être un acteur majeur dans le développement du pays, dans un environnement de concurrence loyale, de transparence et de confiance mutuelle.

Hamid Mecheri

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