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dimanche, septembre 25, 2022

Sa dette publique a atteint un niveau grave : Le Maroc au bord de la faillite

Dominée par les compagnies multinationales qui ont dérégulé le système financier et accentué les inégalités et les protestations sociales, les problèmes qui plombent l’économie du Maroc continuent de s’aggraver. La dette publique de royaume chérifien a fortement augmenté au premier trimestre de l’année en cours, dépassant ainsi le PIB du pays. Ce taux d’endettement va avoir des conséquences réelles sur l’économie marocaine, selon l’office des changes du Makhzen, qui s’alarme de la faillite imminente du pays.

Sur les trois premiers mois de 2022, le déficit commercial marocain s’est établi à près de 91,04 milliards de dirhams, soit près de 10 milliards de dollars.

La dette marocaine dépasse ainsi le PIB marocain estimé à 124 milliards de dollars et mène le pays au risque de faillite. Le royaume est désormais obligé de recourir à de nouveaux prêts pour éviter la cessation de paiement, qui implique certainement une explosion sociale et la fin inévitable du règne de la dynastie du Makhzen.

Le déficit commercial durant le premier trimestre a connu une hausse de 43,6% par rapport à fin avril 2021, selon l’Office marocain des changes. Le déficit est lié à la hausse des importations par rapport aux exportations à hauteur de 37,8% soit 230,05 milliards de dirhams, alors que le montant des exportations a été établi à 139,01 milliards de dirhams (+34,2%), note  l’Office marocain des changes dans son récent bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs, ajoutant que le taux de couverture a perdu 1,6 point à 60,4%.

Les problèmes de l’économie marocaine sont multiples. Mais le plus gros souci est le coût très élevé de la facture énergétique qui a augmenté de 87,3%, en raison principalement de la hausse des approvisionnements en gasoil et fuel (+620 millions de dollars) due au rebond des prix de 77,4%. Les quantités importées ont enregistré également une hausse de 5,3 %.

La hausse des produits énergétiques, notamment le gaz, a lourdement pesé sur les ménages de royaume, alimentant la grogne sociale des Marocains dans les rues pour protester contre la précarités et la pauvreté engendrées par les politiques fausses et erronées d’un roi totalement déconnecté de la réalité de ses sujets.

Auparavant, plus de 97% du gaz consommé par les Marocains provenait d’Algérie. Mais les agissements hostiles de régime du Makhzen à l’égard de l’Algérie ont mené le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à ordonner la cessation des relations commerciales entre Sonatrach et l’Office marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et le non-renouvellement du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui alimentait l’Espagne en passant par le Maroc. Ce dernier est retourné ainsi au marché international du gaz, dans un contexte de hausse effrénée des cours des hydrocarbures.

Cette politique, qui coûte des milliards de dollars au régime du Makhzen pour importer du gaz, est en train de vider la réserve en devises étrangères de la banque centrale marocaine.

Lundi dernier, dans ses réponses à plusieurs questions orales des députés de la Chambre des représentants portant sur la hausse des prix des carburants, Nadia Fattah Allaoui, ministre de l’Économie et des Finances du royaume, a écarté la possibilité de subventionner le secteur des hydrocarbures, alors que la hausse des prix des carburants fait couler beaucoup d’encre. Interpellée par plusieurs députés sur la question lors de son intervention, le 6 juin, à la Chambre des représentants, Nadia Fattah Allaoui a précisé d’emblée que le gouvernement «ne dispose pas de ressources financières suffisantes pour subventionner les carburants». Le retour sur la décision de libéraliser le secteur des carburants n’est donc pas envisageable, laissant ainsi le marché à la merci du libre jeu de l’offre et de la demande.

Pour la ministre, la hausse des prix des carburants «ne dépend pas de la volonté du gouvernement». Il s’agit d’un résultat direct de la guerre en Ukraine qui «a eu un impact direct sur le Maroc et sur la hausse des prix de plusieurs matières premières, dont les carburants et le blé». «On ne dispose pas de visibilité sur l’évolution de la guerre en Ukraine et donc sur les cours du pétrole au niveau mondial», a insisté la responsable au gouvernement d’Aziz Akhannouch.

Nadia Fattah Allaoui a par ailleurs précisé que «le gouvernement est en train d’étudier des solutions pour gérer cette crise, sans toutefois toucher aux piliers du programme gouvernemental».

Les politiques libérales du gouvernement Akhannouch ont commencé à susciter le mécontentement, la protestation et la colère populaire et ouvrière à travers tout le royaume. Émanant des syndicats des travailleurs ou partagés sur les réseaux sociaux, les appels à la protestation se sont multiplié ces derniers jours pour faire arrêter les réformes du régime du Makhzen, qu’ils accusent d’augmenter les prix des denrées alimentaires, d’accentuer l’appauvrissement de la population et d’encourager les inégalités sociales.

Hamid Mecheri

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