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jeudi, septembre 29, 2022

Renault-Nissan : scandale explosif deux jours avant l’assemblée générale

L’alliance automobile franco-japonaise serait en train de monter une société qui servirait à reverser à quelques très hauts dirigeants une prime aux synergies industrielles qui pourrait potentiellement atteindre des centaines de millions d’euros. Cette affaire survient à deux jours seulement de l’Assemblée générale des actionnaires de Renault où la question de la rémunération de Carlos Ghosn est régulièrement un sujet de tensions notamment avec l’État français qui reste le premier actionnaire.
On savait Carlos Ghosn en bien mauvaise posture avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, cet ancien ministre contre qui il a croisé le fer… Mais l’affaire qui vient d’être divulguée par Reuters pourrait le mettre dans une situation plus délicate encore.

D’après l’agence de presse, l’Alliance Renault-Nissan réfléchirait à un montage juridique et financier qui consisterait à reverser des bonus aux dirigeants, dont le premier d’entre eux, Carlos Ghosn. Il s’agirait de les encourager à accomplir de nouvelles synergies entre les différentes entités industrielles (Renault, Nissan et désormais Mitsubishi) en leur reversant 8% des économies engrangées.

Une société basée aux Pays-Bas
Ainsi, si l’alliance avec Mitsubishi dont Nissan s’est emparé de 31% du capital au printemps 2016 permettant une économie d’échelles d’un milliard d’euros, les dirigeants de l’alliance pourraient engranger jusqu’à 80 millions d’euros de bonus. Or, l’Alliance Renault-Nissan a dégagé près de 4,3 milliards d’euros de synergies industrielles en 2016, et celles-ci pourraient atteindre les 5,5 milliards en 2017. Autrement dit, les bonus versés pourraient se compter en centaines de millions d’euros…

Pour échapper à des taxations ou encore au contrôle des différentes réglementations, il serait prévu de créer une société dédiée et installée aux Pays-Bas, NewCo, possédée à 100% par une fondation. Pour rappel, la loi française oblige le document de référence des sociétés cotées d’indiquer la rémunération des dirigeants et depuis la loi Sapin, l’avis de l’assemblée générale des actionnaires est contraignante en matière de rémunération des patrons, là où elle était consultative auparavant.

Le document consulté par Reuters précise néanmoins que « les montants versés via les contrats de service seraient publiés chaque année dans les comptes respectifs des membres (de l’alliance) – bien que les montants payés à chaque participant n’auraient pas légalement à être publiés ».

Une banque conseil proche de Ghosn
Selon Reuters, l’Alliance Renault-Nissan aurait eu recours à la banque d’investissement Ardea Partners pour élaborer discrètement ce montage. Cette société basée à Londres a été fondée par Christopher Cole, un homme d’affaires réputé proche de Carlos Ghosn. C’est d’ailleurs cette société qui avait été consultée en 2013 pour plancher sur la faisabilité d’une fusion de Renault et Nissan.

Jeudi 15 juin, Renault réunit son assemblée générale des actionnaires. Comme chaque année, l’AG est l’occasion d’un affrontement entre la direction du groupe et son principal actionnaire, l’Etat français qui détient 20% du capital, mais, par le truchement des droits de vote double, possède désormais 37% des droits de vote. La rémunération de Carlos Ghosn sera soumise au vote des actionnaires donc. Ils avaient déjà voté contre en 2016, mais à l’époque, cet avis n’était que consultatif. En 2016, la rémunération cumulée de Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, atteignait 15,6 millions d’euros.

Enfin, ce sera la dernière fois que Carlos Ghosn se présentera devant l’AG avant l’échéance de son mandat et donc de sa reconduction, ou non…

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