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vendredi, janvier 27, 2023

Relance économique : Les groupes industriels publics retrouvent leur bonne santé

Fragilisés par de longues années de gabegie, d’instabilité et de la mauvaise
gestion à tel point d’en devenir un lourd fardeau financier pour l’État, les
groupes industriels publics ont retrouvé leur bonne santé en 2022, en réalisant
une nette amélioration en termes de performance et de rendement par
rapport à 2021.
La hausse de la croissance pour les entreprises publiques économiques (EPE)
constatée depuis l’année dernière s’est établie à 13,3 % par rapport à l’année
2021, ce qui représente 13,9 % du chiffre d’affaires, a indiqué Ahmed Zaghdar,
ministre de l’Industrie.
Ce rebond de l'activité des EPE s’explique, s’en est félicité Zaghdar, par les
mesures prises par le secteur ayant profité aux entreprises industrielles
relevant du secteur public marchand visant à relancer l’activité des entreprises
à l’arrêt au nombre de 51 dont 18 ont repris l’activité et 19 sont programmées
pour 2023 et les autres le seront progressivement.
Le ministère de l’industrie a lancé l’année dernière un audit global dans tous les
groupes sous tutelle afin d’y évaluer la gouvernance et le niveau de
performance.
Ça mise en œuvre s’inscrit dans le cadre du Plan d’action du gouvernement
pour la relance économique dans son volet dédié aux entreprises publiques.
Il a pour objectif principal de redresser l’ensemble des groupes industriels
publics et de stimuler leur compétitivité, afin que l’industrie nationale atteindra
15 % du PIB (Produit intérieur brut).

Résultat brillant pour l’agroalimentaire
Le ministre de l’Industrie a entamé ses rencontres d’évaluation avec les
responsables des groupes industriels et leurs filières avec le groupe agro-
industries « AGRODIV » qui lui ont fait part de la situation financière de ce
groupe, le chiffre d’affaires, ambitions et le niveau de production.

Le groupe qui produit une large gamme de produits alimentaires et domine une
part importante de marché national a réalisé en 2022 une hausse importante
en croissance estimée 105 %, à 4,8 milliards de DA, contre 2,3 milliards de DA
en 2021, selon les statistiques publiées par le ministère du l’Industrie.
Son chiffre a progressé de 12 %, enregistrant plus de 53 milliards de DA, contre
47 milliards de DA en 2021.
Cela s’ajoute aussi à une croissance de 14 % de sa valeur ajoutée, qui est
passée de 11,3 milliards de DA en 2021 à 12,9 milliards de DA en 2022.
Ces résultats, selon les explications des responsables du groupe, sont les
meilleurs depuis sa création en 2015.
En détail, ses capacités de production annuelles sont satisfaisantes : semoule
(8,5 millions de quintaux), farine (12,5 millions q), pâtes (520 000 q), couscous
(200 000 q), huile de table (140 000 tonnes), jus et conserves (410 000 tonnes).
Afin de distribuer une partie de ses produits, AGRODIV dispose de son propre
réseau de distribution de 380 points de vente répartis sur tout le territoire
national, avec la perspective détendre encore ce réseau.
En ce qui concerne les emplois, le groupe recense actuellement 7 834
employés, soit une augmentation de 1 833 travailleurs par rapport à l’année
dernière, après l’entrée en service de plusieurs projets en 2022, à l’instar de
l’usine « El Mahroussa » pour la production d’huile de table.

Ferrovial surmonte ses difficultés financières et se développe
Spécialisée dans l’industrie ferroviaire, Ferrovial (Entreprise nationale de
construction de matériels et équipements ferroviaires) a enregistré au cours de
l’année 2022 une hausse de croissance de 3% par rapport à l’année
précédente, avec un chiffre d’affaires équivalent à 950 millions de dinars et un
bénéfice net de 174 millions de dinars.
Malgré les effets économiques de la Covid-19 et la limitation de sa commande
à un seul client (SNTF), l’entreprise fondée en 1983 a pu atteindre son équilibre
financier et budgétaire.
Dans sa stratégie de développement, elle vise de réaliser un chiffre d’affaires
équivalent à 1,6 milliards DA en 2023 après l’entrée en service de ses nouveaux
équipements, dans le cadre du programme d’investissement de la Société, ainsi

que l’orientation de la Société de diversifier ses activités, ses produits et ses
clients pour toucher les secteurs du transport ferroviaire, du transport
maritime, notamment des conteneurs et de la manutention industrielle à
travers la production de certains équipements et pièces détachées.
Parmi les caractéristiques et réalisations évoquées lors de la réunion
d’évaluation qui avait réuni le ministre de l’Industrie Ahmed Zagdar avec les
responsables de cette entreprise et sa filiale CITAL (assemblage des tramways),
les multiples partenariats avec le monde de la recherche scientifique et sa
capacité à développer plusieurs produits qui nécessitent des technologies
avancées, en coopération avec des universités et laboratoires de recherche.
Parmi ces projets en innovation ; une grue pour le secteur des travaux publics,
des fours industriels pour le phosphate, le verre, le ciment et la brique, ainsi
que des conteneurs adaptés.
Commentant les résultats de cette entreprise qui emploie environ 600
travailleurs, Zaghdar a souligné la nécessité de moderniser le modèle de
gestion pour accompagner et poursuivre les résultats positifs qu’il a
récemment obtenus après de nombreuses années de difficultés financières en
raison de ses dettes accumulées.
Le ministre a souligné l’importance de produire des conteneurs pour le
transport de marchandises et de certaines pièces industriels au profit du
secteur des hydrocarbures compte tenu de la l’orientation du gouvernement à
réduire les importations de ces produits et à les substituer par des produits
locaux.

Des chiffres notables pour AGM-Holding
Dans le sillage de ses rencontres avec les responsables des groupes industriels
publics, Zaghdar s’est entretenu avec ceux de AGM-Holding (Algerian General
Mechanics) représentant le groupe ainsi que ses dizaines de filiales.
Comptant à son actif environ 6 700 salariés et travailleurs, AGM-Holding gère
une portefeuille de 29 entreprises et filiales, dont six sont des sociétés mixtes
en partenariat avec des étrangers, actives dans la production et la fabrication
d’engins et d’équipements pour l’agriculture et la pêche, de machines et
d’équipements pour les travaux publics, les équipements industriels, la
fabrication de moteurs et la manutention industrielle.

En 2022, le complexe a pu réaliser un chiffre d’affaires équivalent à 26,82
milliards DA, soit une augmentation de 12% par rapport à 2021, et il est prévu
que ce chiffre atteigne 40 milliards DA en 2023.
Parmi les filiales les plus importantes qui ont obtenu des résultats et une valeur
ajoutée positive en 2022, figure POVAL (+ 30 % en chiffre d’affaires et 41 % de
la valeur ajoutée), l’ENMTP (+ 37 % chiffre d’affaires, 28 % VA), PMO (+ 12 %
chiffre d’affaires, 26 % VA), ORSIM (12 % chiffre d’affaires, 8 % VA), BCR (+ 10 %
chiffre d’affaires, 12 % VA), ENMAP (+ 5 % chiffre d’affaires, 14 Va).
La réunion entre le ministre et les responsables du holding a compris une
présentation des obstacles les plus importants qui ont empêché la réalisation
d’un certain nombre d’objectifs qui ont été fixés par le groupe pour l’année
2022, y compris ce qui est lié à l’économie mondiale et les conditions
géopolitiques et la difficulté d’approvisionnement de certains intrants sur les
marchés internationaux.

Une hausse de 11 % pour Divindus
Lors d’une réunion avec les responsables du groupe des industries locales
Divindus, de ses filiales et entreprises, ces derniers ont présenté au ministre de
l’Industrie un rapport d’activité du groupe qui a réalisé en 2022 un chiffre
d’affaires de 37 Mds DA, soit une hausse de 11% par rapport à 2021, ainsi
qu’une hausse de 6% de la valeur ajoutée.
Divindus Groupe ambitionne d’améliorer son chiffre d’affaires pour atteindre
43 Mds DA en 2023 (+27%) ainsi que d’augmenter son produit net de plus de
200%, notamment après la mise en service de plusieurs projets du groupe
concernant principalement les usines de la céramique et de brique qui
permettront de doubler la production de ces matériaux.
Zaghdar a rencontré également les responsables du groupe algérien des
spécialités chimiques (ACS), qui fédère 32 entreprises dont les groupes
« Tonic », « Enava » et « Enad ».
De même, Zeghdar s’est entretenu aussi avec le PDG du Groupe public Elec El
Djazair et les directeurs généraux de ses filiales, à leur tête l’Entreprise
nationale des industries électroménagères (ENIEM), l’Entreprise nationale des
industries électroniques (ENIE) et la Société industrielle algérienne des
télécommunications (SITEL), en présence du directeur général de la Société

d’études économiques, d’analyse financière et de l’évaluation prospective
(ECOFIE), chargée de l’élaboration des rapports financiers et des statistiques
sur le secteur public marchand.
Hamid Mecheri

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