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samedi, octobre 23, 2021

Quel avenir pour les relations commerciales algéro-françaises ?

La France a été pendant longtemps le premier partenaire économique de l’Algérie en terme du commerce extérieur, mais les récentes déclarations de président français Macron, qualifiées par Alger de « graves erreurs », ont bouleversé les relations diplomatiques et économiques d’Alger avec Paris.

Comme l’atteste la récente visite du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, à l’Italie et ses pourparlers très avancées avec ses officiels, notre pays a d’autres partenaires potentiels vers qui se tourner.

À quelques jours de la visite d’État du président de la république de l’Italie, Sergio Matarella, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré, dimanche dernier, qu’il voulait se tourner vers l’Italie plutôt que la France, en matière de partenariat économique, au vu des « similitudes » et de la « compatibilité », qui existent entre les deux pays à ce niveau.

À cela s’ajoute aussi la rupture de contrats en Algérie de plusieurs sociétés françaises (Seaal, RATP, qui se chargeait de l’exploration de métro d’Alger,…), ce qui représente un coup dur porté aux intérêts français dans notre pays.

Ira-t-on jusqu’à la rupture totale des relations économiques avec la France ?

Se tourner vers d’autres partenaires comme l’Italie, la Chine et la Turquie est très important, mais le plus essentiel est de tisser de nouvelles relations basées sur le transfert technologique et le développement de notre économie, a estimé Abdelkader Semmari, expert économique et ancien ministre de la PME-PMI.

« La France officielle n’a pas changé et ne changera pas à l’avenir, elle gardera toujours cette haine et cette infériorité avec lesquelles elle regarde ses anciennes colonies. Beaucoup d’entreprises françaises comme Lafarge et Renault, leur présence sur le marché algérien pose plusieurs interrogations », a-t-il fait observer.

Toutefois, a ajouté Semmari, l’avenir des relations économiques avec la France dépend des Autorités supérieures et des mesures qu’elles prendront dans l’avenir. Pour freiner les allégations fallacieuses des officiels français, Semmani estime nécessaire de remettre sur table les questions économiques historiques entre Alger et Paris qui sont en suspens depuis 1823. En revanche, l’expert économique préconise aussi d’aller à une réponse qui dépasse les paroles aux actes, en travaillant sur le développement de notre économie nationale.

24 000 entreprises créées par des Algériens en Europe

Pour atteindre cet objectif, plusieurs pistes se profilent, énumère Semmari, qui cite la mise en place de moyens pour mettre à profit la contribution de notre communauté installée à l’étranger, soulignant que plus de 24 000 PME-PMI en France et ailleurs en Europe sont créés par des Algériens.

« Il s’agit bien d’Algériennes et Algériens détenteurs de la nationalité algérienne, il faut profiter de ce potentiel pour servir le développement de l’économie », a-t-il recommandé. L’autre piste pour l’expert économique est de profiter de son voisinage et des relations que notre pays entretient avec les gouvernements africains, en sachant que l’Algérie avait procéder à l’effacement des dettes de plusieurs pays africains, dont beaucoup de dirigeants ont été formé en Algérie, dans les domaines de l’économie et de l’agriculture.

Semmari a évoqué aussi les fonds importants transférés à l’étranger par les sociétés et banques françaises activant en Algérie, réclamant la divulgation de montants de ces transferts. « Nous sommes en pleine guerre économique où le grand perdant s’avère la France. Ce qui explique l’état d’inquiétude que vit la France de fait que si l’Algérie s’affranchi économiquement, c’est tous les pays africains qui s’en suivront », a-t-il noté.

Il a appelé à diversifier les partenaires économiques, mais en adoptant comme paramètre le transfert de la technologie et de savoir-faire et que les sociétés étrangères souhaitant investir en Algérie doivent recourir à des entreprises de sous-traitance nationale et aussi exporter les marchandises et services produits en Algérie.

« La solution est dans l’octroi de facilitations et de soutien de l’État pour la création de petites entreprises, la formation des main-d’œuvre, améliorer la performance managériale des sociétés algériennes et la promotion des exportations », a-t-il proposé.

H.M.

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