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dimanche, décembre 4, 2022

Production abondante de la tomate en 2022 : Des facteurs pénalisent les agriculteurs

Par : Hamid Mecheri

La production nationale de tomates a enregistré des records cette année, avec une production frôlant les 20 millions de quintaux, dont 12 millions de quintaux de tomates transformées. Beaucoup d’agriculteurs algériens ne s’attendaient pas à ce que la saison de récolte de la tomate se transforme en cauchemar pour eux : non pas à cause du faible rendement, mais parce qu’ils n’arrivent pas à les écouler sur les marchés, qui connaissent une offre excédentaire. En effet, les agriculteurs activant dans la filière tomate, issus de toutes les wilayas du pays font face au même dilemme : une crise d’abondance de production, qui les inquiète, car la durée de conservation de cet aliment périssable est courte, tandis que le coût de production augmente. « L’Algérie est confrontée à une crise d’abondance de la production de tomates, similaire au même scénario que le pays a connu périodiquement avec les récoltes de production de la pomme de terre qui enregistrent chaque année des records. Ce qui a poussé le gouvernement algérien à intervenir pour acheter les récoltes et trouver des solutions pour les exporter », a expliqué Abdellatif Dilmi, secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA). « Le rendement de la tomate par hectare variait entre 900 et 1 000 quintaux, contre un moyen de production ne dépassant pas 600 quintaux dans les années précédentes », a-t-il ajouté, dans des déclarations recueillies par des médias. En clair, la production algérienne de la tomate industrielle de cette année devrait atteindre 20 millions de quintaux, dont 12 millions de quintaux sont destinés à la transformation, a fait savoir Mustapha Mazouzi, président du Conseil national interprofessionnel de la filière tomate. Le pays dispose de 27 unités industrielles de transformation de tomates produisant 35 000 tonnes par jour. « Ces unités de transformation connaissent une forte pression à leur niveau, surtout cette année qui se caractérise par une production abondante. Pour résoudre le problème, une mesure a été prise pour transférer les surplus de la production de tomates à d’autres wilayas pour alléger la pression sur ces unités, afin de contrôler et d’éviter à ces récoltes de périr, comme nous l’avons connu ces dernières années », a-t-il souligné. Face à ce contexte, les usines de transformation sont devenues la solution idéale pour les agriculteurs afin de sauver leur récolte.

Car, depuis quelques jours, près de ces usines, on observe le ballet incessant des camions quotidiens dorés de rouge qui arrivent d’une centaine de kilomètres à la ronde. Ils achèvent et déchargent leur cargaison de tomates transformées. Les agriculteurs et les usines sont parvenus à un accord préservant les droits des deux parties, dans lequel le prix de référence pour la commercialisation est fixé à 17 dinars le kilogramme, les deux parties bénéficiant d’un soutien de l’État estimé à 1,5 dinars le kilogramme pour l’usine et deux dinars par kilogramme pour l’agriculteur. Toutefois, l’offre est devenue bien plus que la demande, au-delà des capacités de stockage des usines, à tel point que des agriculteurs passaient jusqu’à 4 jours en queue d’attente pour vendre leurs récoltes. Contrairement aux solutions qui ont été trouvées lors de la crise des « récoltes abondantes de pommes de terre » et de certains fruits ces dernières années, les professionnels excluent l’exportation comme solution possible à l’heure actuelle parce que l’Algérie n’a pas de mécanismes pour aider à cela, en plus de la bureaucratie qui freine les efforts à l’exportation, alors que la durée de conservation de cet aliment n’est que de quelques jours. En 2021, la production de la tomate industrielle s’est élevée à plus de 23 millions de quintaux, enregistrant une croissance de plus de 17% par rapport à l’exercice précédent, ce qui a permis à l’Algérie d’assurer son autosuffisance en double concentré et triple concentré de tomate. La filière de la tomate industrielle a enregistré des « performances records » au cours des dernières années, selon des déclarations faites l’année dernière par le sous-directeur du développement des filières végétales au ministère, Amokrane Hadj Said. Lors de la saison 2020, cette production s’était établie à 19 millions de quintaux, soit plus de 17% de moins que la récolte de 2021. L’Algérie dispose de cinq pôles principaux de production en Algérie, à savoir Skikda, El Tarf, Guelma, Annaba et Ain Defla, en plus de quelques pôles émergents, tels que Chlef. Grâce à l’augmentation de la production de la tomate industrielle, l’Algérie a réussi à atteindre une autosuffisance en matière de double et de triple concentré de tomate. Après avoir réduit les importations de ces deux produits, à partir de 2018, l’Algérie a arrêté de les importer depuis 2020, permettant une économie en devise qui dépasse les 40 millions de dollars par an. Ces deux produits ont connu, pour leur part, une envolée de production, avec une production de triple concentré passant de 9 000 tonnes en 2013 à plus de 70 000 tonnes en 2021. Pour sa part, la production du double concentré de tomate a grimpé de 20 000 tonnes en 2018 à plus de 80 000 tonnes en 2021. Ces résultats ont été atteints malgré la sécheresse et les retombées de la pandémie du Covid-19, grâce aux mesures de soutien et d’accompagnement initiées par l’État, notamment en matière d’acquisition de matériel spécifique et de matériel d’irrigation, ou encore le règlement accéléré des primes à la production.

H.M.

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