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Pilonnages intensifs dans des localités de Ghaza dévastée

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Le massacre continue à Ghaza

Les bombardements sauvages et intensifs sur Ghaza se poursuivent pour le huitième jour consécutif, au milieu d’un immense mouvement de foules en déplacement vers le passage de Rafah, au sud de l’enclave assiégée depuis cinq jours. Pas moins de 110 personnes sont tombées en martyrs et plus de 300 blessés, samedi, sous les bombardements aveugles des avions bombardiers et des hélicoptères israéliens. L’armée sioniste a reconnu qu’un hélicoptère de transport de troupes a été abattu après avoir été percuté par trois drones dans l’espace israélien, assurant que les pilotes s’en sont sortis indemnes. Par ailleurs, des roquettes ont atteint, selon Hamas, Ashkelon et Tel-Aviv faisant au moins 50 blessés graves. Le pilonnage par des raids de l’aviation sioniste est devenu systématique et s’est étendu au nord de la Palestine, du côté des frontières avec le Liban. Ces raids sur le front nord ont pour objectif d’empêcher d’éventuelles incursions des combattants du Hamas ou des éléments du Hezbollah, tel que le prétend l’armée sioniste. Au sud, le passage Rafah, vraie artère vitale avec l’Egypte, demeure fermé aux aides humanitaires et les déplacements depuis huit jours d’agression sioniste. Ciblé par deux fois, ce passage a été bombardé à deux reprises ce samedi, démolissant les routes menant de et vers l’Egypte, qui deviennent désormais impraticables. Les Palestiniens, quant à eux, tentent de fuir le nord de Ghaza vers le sud après que l’armée israélienne a émis un ultimatum d’évacuation sans précédent à une population de plus d’un million de personnes dans le nord de Ghaza pour chercher refuge dans le sud en prévision d’une éventuelle invasion terrestre israélienne.

Rejet saoudien de l’évacuation de Ghaza

L’Arabie Saoudite a déclaré vendredi rejeter «catégoriquement» tout déplacement de la population de Ghaza, condamnant le bombardement de «civils sans défense», sa critique la plus vive émise à l’égard d’Israël depuis l’attaque lancée par le Hamas. Riyad «déclare son rejet catégorique des appels au déplacement forcé de la population palestinienne de Ghaza, et sa condamnation du bombardement continu de civils sans défense» dans ce territoire, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué. Ledit communiqué saoudien a été publié alors que le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken arrivait à Riyad dans le cadre d’une tournée qui doit le mener dans six pays arabes, après s’être rendu en Israël. Les Nations unies ont été informées avant-hier par l’armée israélienne que l’ensemble de la population du nord de Ghaza, soit environ 1,2 million de personnes, ainsi que tout le personnel des Nations unies et les personnes réfugiées dans les écoles, les centres de santé et les cliniques avaient reçu l’ordre de se déplacer vers la partie sud du territoire dans les 24 heures. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a prévenu qu’une telle évacuation est «impossible à réaliser sans conséquences dévastatrices». Il a lancé un appel pour que «cette intimidation soit annulée» ajoutant : «Cette tragédie se transforme en une situation calamiteuse». Réagissant à cet ultimatum, l’Egypte a fait savoir sa position, refusant la politique du fait accompli. De sources sécuritaires égyptiennes, l’ouverture de la passerelle Rafah est conditionnée par l’autorisation d’acheminer des aides humanitaires aux Palestiniens de Ghaza. L’Egypte refuse de faire passer les étrangers uniquement et refuse de recevoir sur son sol des réfugiés palestiniens.

Poutine réagit et avertit

Alors que le Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, poursuit sa tournée moyenne-orientale à travers des capitales arabes à l’instar de Doha, Amman, Manama et Riyad, le Président russe a réagi  hier, la deuxième fois depuis le début de la crise, déclenchée le samedi 7 octobre courant. En effet, la sortie de Vladimir Poutine porte un sérieux avertissement à l’adresse d’Israël contre une attaque terrestre dans la bande de Ghaza. L’homme fort du Kremlin, Vladimir Poutine, a averti Israël contre une attaque terrestre contre la bande de Ghaza, et dans un discours diffusé sur les chaînes de télévision russes, Vladimir Poutine a déclaré : «Nous entendons parler de plans pour effectuer une opération terrestre dans la bande de Ghaza, les pertes civiles seront absolument inacceptables». M. Poutine a déclaré que la tragédie généralisée subie par les Israéliens et les Palestiniens est le résultat du monopole des Etats-Unis et de l’Europe pour une solution pacifique au différend au Moyen-Orient, ajoutant que les efforts collectifs sont plus que nécessaires pour atteindre un cessez-le-feu.

Vers des pourparlers sur les otages

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères et émissaire du Kremlin pour le Proche-Orient et l’Afrique, Mikhaïl Bogdanov, espère rencontrer des représentants du groupe palestinien Hamas au Qatar la semaine prochaine, a rapporté samedi l’agence de presse russe, Novosti. «S’ils sont partants, nous sommes toujours favorables aux contacts, tout particulièrement dans la situation actuelle, [la rencontre] serait utile pour résoudre des questions pratiques, dont la libération des otages», a affirmé M. Bogdanov. Une voix autorisée des brigades al-Kassam a assuré qu’il est trop tôt de parler de la carte des otages avant toute trêve et l’arrêt des massacres contre les Palestiniens à Ghaza et en Cisjordanie. A l’exemple du massacre de Bir El Balah, où les grands quartiers de Lazaiza et Salmane, ciblés pendant des heures samedi, la majorité des habitations ont été transformées en amas de béton sur leurs habitants. Des dizaines de corps sont disséminés le long des rues ou sous les décombres. Les blessés souffrent avant de succomber à leurs blessures parce que les secours ne peuvent parvenir à eux à cause des routes endommagées. Les journalistes ont constaté qu’une famille de 26 personnes a été anéantie. Les bombardements sont incessants, notamment la nuit, et le manque d’abris expose les Palestiniens à tous les dangers. En plus, Ghaza est privée d’électricité totale et les services essentiels de santé, d’eau et d’assainissement sont «au bord de l’effondrement», a alerté M. Dujarric.

Manifestations de soutien

Alors que la France interdit des manifestions pro-palestiniennes dans ses villes, à Londres et d’autres capitales occidentales, d’imposantes manifestations sont organisées en solidarité avec les Palestiniens. De Beyrouth à Montréal en passant par Tunis, Barcelone, Istanbul et Bahreïn, les voix des manifestants appellent les dirigeants du monde à arrêter le carnage anti-palestinien à Ghaza. Les Algériens ne sont pas en reste, puisque des manifestants ont sillonné les grandes artères des grandes villes comme Annaba, Constantine, Oran et la capitale, Alger. A Djabalia, en Palestine, les Palestiniens ont bravé le danger et ont marché samedi dans une grande manifestation populair en soutien aux combattants d’al-Kassam et le Jihad islamique.

Encadré

La normalisation Arabie Saoudite-Israël en panne

L’Arabie Saoudite a suspendu les discussions de normalisation avec Israël, rapporte le quotidien «Libération». Les tractations avaient lieu sous l’égide des Etats-Unis, dans la foulée d’une normalisation avec plusieurs pays arabes qui semble désormais caduque. Selon le quotidien parisien, Riyad «a décidé de suspendre les discussions sur une éventuelle normalisation avec Israël et en a informé les responsables américains», ont fait savoir les autorités saoudiennes ce samedi. Une suspension qui intervient alors qu’Anthony Blinken, le Secrétaire d’Etat américain, se trouve actuellement dans la capitale saoudienne, au troisième jour d’une tournée régionale pour tenter d’ouvrir des canaux diplomatiques dans le conflit qui oppose le Hamas à Israël. Pour de nombreux spécialistes de la région, ces discussions sur une possible normalisation étaient l’une des raisons qui pouvaient expliquer l’offensive de l’organisation islamiste du 7 octobre dernier. A la tribune de l’ONU fin septembre, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’était félicité d’une prochaine «paix historique» avec Riyad.