Accueil A la Une Ouverture du procès en appel de l’assassinat de Djamel Bensmaïl

Ouverture du procès en appel de l’assassinat de Djamel Bensmaïl

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Une trentaine de prévenus entendus par la juge

C’est hier que le procès en appel de l’affaire de l’assassinat de Djamel Bensmaïl s’est ouvert au tribunal criminel de Dar El Beïda. Le procès s’est tenu au tribunal de première instance pour des raisons pratiques, a indiqué la juge de siège. Au total, une trentaine de prévenus ont été entendus par la justice, qui a vu la présence de plusieurs familles, mais aussi des éléments des forces de l’ordre qui sécurisaient les lieux. Selon des avocats, les prévenus entendus sont ceux apparus dans les photos et les vidéos de l’assassinat, puis l’immolation du corps de la victime, en cette journée du 21 août 2021 sur la place publique de Larbaâ Nath Iraten, alors que la région était en proie à des feux ravageurs. G. Ahmed, Ferhat F, Kh. Tahar, H. Abdennour, étaient entre autres accusés entendus pour la seconde fois par les juges. L’audience était houleuse tant la défense a d’abord exigé «l’enlèvement des menottes» aux accusés. La juge a estimé pour sa part que «le nombre d’accusés et d’avocats nécessitait le renforcement de la sécurité». Incident clos, la juge appelle les accusés. Les questions ont tourné autour de la responsabilité des uns et des autres dans le crime. La juge a tenté de confondre chaque accusé avec des photos, des vidéos prises ce jour-là, et des propos tenus devant les enquêteurs et le juge d’instruction. Il en ressortait ainsi des preuves contre certains accusés qualifiées d«irréfutables», tant elles clarifient le déroulement du crime depuis l’arrestation, puis le saccage de la voiture qui transportait le défunt et deux de ses amis, jusqu’à l’autre acte perpétré contre la dépouille, à savoir la brûler post-mortem. Les prévenus ont tous essayé de se défendre, de rejeter les accusations. Certains ont même affirmé que les propos qu’ils avaient tenus devant le juge d’instruction «n’étaient pas les leurs». D’autres ont souligné que leurs propos leur ont été «arrachés sous la pression». Des «affirmations» que la juge a vite fait de démentir, considérant que ces propos, certes à charge, sont confirmés par des vidéos et même des photos que certains prévenus ont eux-mêmes publiées sur les réseaux sociaux. O. Idir, l’un des principaux accusés, condamné en première instance à la peine capitale pour avoir égorgé la victime, alors qu’elle était inerte, n’a pas pu «esquiver» les questions pertinentes de la juge qui battaient en brèche ses tentatives de sauver ce qui pouvait l’être. A souligner que des familles des prévenus se sont déplacées pour assister au procès. Elles n’ont pas accédé à la salle d’audience. Elles ont occupé le trottoir en face du tribunal. Le procès se poursuivra également aujourd’hui. Au total, une trentaine d’accusés ont défilé à la barre pour répondre de leur responsabilité dans ce crime. Le procès devrait se poursuivre, selon des avocats, durant toute cette semaine. «La justice a décidé d’entendre entre vingt et trente personnes par jour», ont dit des avocats. A rappeler que le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda avait condamné, le 24 novembre 2022, 94 individus pour le meurtre et le lynchage de Djamel Bensmaïl, assassiné en août 2021 à Larbaâ Nath Iraten. Le tribunal avait condamné 49 accusés à la peine capitale, 28 autres accusés à des peines allant de 2 à 10 ans de prison ferme, et avait acquitté 17 autres personnes. Les prévenus sont accusés d’actes terroristes et subversifs attentatoires à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale et à la stabilité des institutions, ainsi qu’à leur fonctionnement normal, en semant la terreur au sein de la population et en créant un climat d’insécurité par l’agression morale et physique contre les personnes, mettant leurs vies et leurs biens en danger. Ils sont également poursuivis pour homicide volontaire avec préméditation, délit d’agression portant atteinte à l’intégrité territoriale et complot pour commettre des délits prévus à l’article 77 du Code pénal.    

L. Hichem