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mardi, août 16, 2022

L’Espagne rassure l’Algérie sur l’origine du gaz acheminé vers le Maroc

Hamid Mechri

Après les menaces de rompre le contrat liant les deux pays :

Les autorités espagnoles ont réagi, jeudi dernier, à la menace d’Alger de rompre le contrat gazier liant les deux pays, en assurant que « le gaz devant être acheminé vers le Maroc ne proviendra pas d’Algérie ».

l’Espagne a décidé d’approvisionner le Maroc en gaz à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME), abandonné, en novembre 2021, par l’Algérie sur fond d’une crise diplomatique opposant les deux pays voisins, suite aux comportements hostiles de royaume chérifien.

Selon les autorités espagnoles, Rabat va pouvoir acheter du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux et se le faire livrer en Espagne où il sera regazéifié avant d’être acheminé au Maroc via le GME.

« En aucun cas le gaz acquis par le Maroc ne sera d’origine algérienne », a affirmé le ministère espagnol de la Transition écologique, cité par les médias espagnols et internationaux.

« L’activation de ce mécanisme a été discutée avec l’Algérie ces derniers mois et communiquée mercredi au ministre algérien de l’Énergie », a-t-il ajouté.

Mercredi, en fin d’après-midi, le ministère algérien de l’Energie et des mines a brandi la menace de rompre le contrat gazier avec l’Espagne, évoquant une décision espagnole d’alimenter le Maroc en gaz naturel algérien via le gazoduc Maghreb-Europe (GME). 

« Tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols », a indiqué le ministère algérien.

Cette réaction est intervenue, selon la même source, après que le ministre de l’énergie, Mohamed Arkab, ait été informé « par message électronique, par son homologue espagnole, Mme Teresa Ribera, de la décision de I’Espagne d’autoriser le fonctionnement, en flux inverse, du Gazoduc Maghreb Europe (GME) ».

La ministre espagnole a informé son homologue algérien que « cette opération interviendra ce jour ou demain (mercredi ou jeudi, ndlr) ».

Pour rappel, l’Algérie et l’Espagne traversent une crise suite à la décision du gouvernement espagnol de soutenir, à partir du mois de mars dernier, le plan marocain de l’autonomie du Sahara Occidental, amenant a changé la nature des relations algéro-espagnoles.

Lors d’une interview diffusée, samedi dernier, par la télévision algérienne, le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, avait assuré que l’Algérie ne pénalisera pas le peuple espagnol. 

« Nous devons faire la distinction entre le Gouvernement espagnol et l’Etat espagnol avec lequel nous avons des liens très forts. Nous exigeons l’application du droit international afin que les relations reviennent à la normale avec l’Espagne (…) L’Algérie ne renoncera pas à son engagement d’approvisionner l’Espagne en gaz, quelles que soient les circonstances », avait déclaré le chef de l’Etat algérien.

Le groupe public des hydrocarbures Sonatrach a fourni en 2021 plus de 40 % du gaz naturel importé par l’Espagne, dont l’essentiel lui parvient à travers le gazoduc sous-marin Medgaz, d’une capacité de 10 milliards de mètres cubes par an.

Une autre partie du gaz algérien arrivait jusqu’en octobre en Espagne à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME) passant par le Maroc. Mais Alger l’a fermé après la rupture en août de ses relations diplomatiques avec Rabat, privant ainsi le Maroc du gaz algérien qui transitait par son territoire.

La semaine passée, lors de sa rencontre périodique avec des représentants de la presse nationale, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que le revirement de Madrid sur la question du Sahara occidental était « éthiquement et historiquement inadmissible », soulignant que le retour à la normale des relations algéro-espagnoles était tributaire de l’application du droit international.

« l’Espagne ne doit pas oublier que sa responsabilité est toujours engagée au Sahara occidental, du fait de son statut de puissance administrante du territoire aux yeux du droit international, et ce, tant qu’une solution, quel que soit sa nature, n’a pas été trouvée à la question du Sahara occidental, une responsabilité que Madrid semble ignorer », a précisé le Président Tebboune.

L’Espagne n’a pas le droit « d’offrir un pays colonisé à un autre pays », a soutenu le président de la République, indiquant que l’Algérie «entretient de bonnes relations avec l’Espagne ». Cependant, explique-t-il, la position exprimée récemment par le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, sur la question sahraouie, « a changé la donne », ce qui a requis le rappel par l’Algérie de son ambassadeur à Madrid.

« Le Gouvernement espagnol n’a pas écouté les opinions des autres à propos de la question sahraouie, même si elles ont été évoquées au Parlement et par l’opinion publique espagnoles. Nous n’interférerons pas dans les affaires internes de l’Espagne, mais l’Algérie, en tant que pays observateur dans le dossier du Sahara occidental, ainsi que les Nations unies, considèrent que l’Espagne est la puissance administrante du territoire tant qu’une solution n’a pas été trouvée à ce conflit », a indiqué le Président Tebboune.

« Nous devons faire la distinction entre le Gouvernement espagnol et l’Etat espagnol avec lequel nous avons des liens très forts. Nous exigeons l’application du droit international afin que les relations reviennent à la normale avec l’Espagne », a-t-il ajouté.

H.M.

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