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dimanche, décembre 4, 2022

Les gains de l’Algérie de la parité euro-dollar : Les réserves de change dans une position confortable

Par : Hamid Mechri

L’euro a récemment chuté jusqu’à atteindre la parité avec le dollar, entraînant risque d’inflation et perte d’attractivité. Ces conséquences se répercutent diversement sur les économies de monde, qui utilisent ces deux monnaies dans le commerce international.

Il y a donc des gagnant et des perdant de cette parité entre le billet vert et la monnaie unique européenne, situation inédite qui se produise pour la première fois en 20 ans, mais quelles sont les conséquences exactes sur l’Algérie ?

Pour notre pays, dont les revenus les plus importants proviennent de la vente des hydrocarbures, dont les cours sont côtés en dollars, donc des bénéfices vont augmentés, ce qui est une bonne nouvelle, selon le professeur en économie, Dr. Slimane Nacer.

« Quant aux répercussions de l’événement sur l’économie algérienne, comme certains s’en demandent, je pense qu’elles se manifestent sous deux aspects ; Une légère amélioration du pouvoir d’achat de l’Algérie en ce qui concerne les importations, c’est-à-dire les achats de l’étranger, car la plupart de nos exportations sont des hydrocarbures que nous vendons en dollars, et la plupart de nos importations vers l’Union européenne, nous les payons en euros », a-t-il expliqué.

« Donc on touche des revenus taxés avec une monnaie forte et on paie avec une monnaie en chute de valeur », a-t-il poursuivi, soulignant toutefois qu’il s’agit d’une « légère amélioration », car « ce n’est pas dans une large mesure ».

Pour la deuxième raison, d’après Slimane Nacer, il s’agit des « réserves de change du pays, qui se trouvent dans une position plus sûre car la majeure partie est labellisée en dollars ».

Il a ajouté que les réserves de change de l’Algérie connaissent « une reprise et une force récemment, et elles pourraient continuer à se renforcer, tant qu’il y aura une forte demande d’énergie, qui est principalement tarifée en dollars à l’échelle mondiale ».

Cette tendance se maintiendra et augmentera tant que l’opération militaire russe en Ukraine est toujours d’actualité.

En plus du fait que le dollar est devenu une monnaie refuge compte tenu des conditions économiques actuelles dans le monde, ce qui augmente la demande mondiale sur le billet vert, a analysé Dr. Slimane Nacer.

« Mais la situation de l’euro reste instable et n’est pas nécessairement en baisse, surtout après que la Banque centrale européenne a décidé de relever les taux d’intérêt de 50 points de base (soit 0,5 %) pour la première fois depuis 2011, ce qui pourrait conduire à une amélioration du taux de change de l’euro au cours des prochains jours », a-t-il fait noter.

Jeudi 21 juillet, l’institution monétaire de l’Union européenne a augmenté ses trois taux directeurs de 50 points de base chacun. Elle a également approuvé un nouveau mécanisme permettant d’acheter des obligations de pays en difficulté. Des mesures qui visent à limiter la flambée des prix dans l’ensemble des Etats membres.

En plus des pays qui ont comme monnaie l’euro, les pays qui utilisent le franc CFA – directement indexé sur l’euro à parité fixe – sont aussi touchés par la dépréciation.

Le Maroc subit également de plein fouet les variations de l’euro.

En effet, la chute brutale de l’Euro devrait encore alourdir le déficit commercial du Royaume chérifien déjà en difficultés financières.

L’économie marocaine sera fortement affectée par la parité des deux monnaies, l’euro et le dollar, a analysé l’économiste marocain Omar El Kettani, qui a cité les conséquences de la parité euro-dollar pour les Marocains.

« L’essentiel du commerce du Royaume dépend du dollar, ce qui signifie que nos importations seront effectuées à un coût élevé par rapport au passé », a-t-il expliqué dans une déclaration faite au site « Achkayen.com ».

L’analyste économique a ajouté que les prix élevés sont dus au fait que le volume des importations du Maroc est supérieure à ses exportations, ce qui aggrave encore la situation, prévoyant que les citoyens supportent une grande partie de ce désastre économique.

L’interlocuteur a fait observer que cela se produit à la lumière d’un déficit budgétaire du Maroc de 50 %, ajoutant que le recours à la dépréciation du dirham est dangereux et sera à son tour affecté négativement.

Il a souligné également que les interventions de la Banque centrale du Maroc en vue de maintenir la valeur du dirham vont également s’affaiblir, compte tenu de la conjoncture actuelle.

El Kettani a tenu pour responsable le gouvernement marocain qui, selon lui, essaie de faire oublier au citoyen qu’il y a une crise, soulignant qu’il est temps pour le gouvernement de suivre une politique d’austérité.

H.M.

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