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mardi, septembre 27, 2022

Les fils des pauvres

Par Salah Bey

Il y a de ces anachronismes en Algérie qui profitent beaucoup plus aux riches qu’aux pauvres.
L’aide social, entre autres soutiens, doit naturellement dépasser le carré de manger-boire-vêtir-enseigner pour s’étendre au plus vaste des concepts du droit de l’enfant : loisirs, savoir, culture et découvrir.

Les enfants doivent pour leur part jouir de vacances, des voyages et l’égalité des chances, l’égalité à l’école, dans la rue, dans les maisons de jeunes qui profitent plus aux adolescents que les enfants de moins de 15 ans.

Les APC et autres acteurs de la société civile se doivent d’offrir des cadres idoines pour le plaisir des enfants issues de familles démunis. N’ont-ils pas droit à des randonnées en forêts, en mer, de visiter des sites historiques, visiter les musées, accéder au théâtre et au cinéma.

Rapprocher les enfants à la culture par le cinéma mural ou le théâtre de rue, ne sont-ils pas des activités de proximité de l’enfance  afin de leur offrir la chance de vivre pleinement leur âge ?

Il est vital pour leur santé physique et mentale de leur permettre des quartiers culturels et sportifs et  de toucher au plaisir des jeux, de l’internet, du cirque et des manèges.

C’est en sommes des droits légitimes qui aident à l’émancipation et la sensibilisation des enfants sur la portée de réussir ses études, de savoir-faire et du savoir vivre ou tout simplement du concept de vivre ensemble.

Un concept classique mais en déperdition dans ce monde de globalisation qui bafoue les droits des petits gens entrainés par l’appauvrissement de leurs parents qui par ricochet ne peuvent leur fournir les moindres besoins devenus chers, voire inaccessible de par l’isolement géographique ou l’exclusion sociétale.

Livrés à eux-mêmes, les enfants sans loisirs, sans espaces verts, sans espaces temporels récréatifs ou sans espaces où faire éclater leurs dons, sont condamnés à suivre des pistes des dérives et se verront attirés par les forces du mal sur les sentiers de la débauche.

Un enfant sans occupations trouvera immanquablement de quoi s’occuper : tenter son premier mégot, essayer des satanités, se hasarder dans la délinquance mineure, sécher ses cours, déserter son école, fuir sa famille et se fait piéger par les phénomènes de société dont l’impact est tragique et est difficilement réparable. 

Le soutien des pauvres enfants doit sortir d’entre les lignes des discours et d’entre les articles des lois prétendant les protéger. Les enfants des pauvres qui ne demandent que le minimum : de l’attention et une prise en charge de leurs doléances infimes.

Un enfant oisif devient, on ne peut plus clair, proie à tous les vices. Il est pour le moins la cible privilégiée des prédateurs  sans foi ni loi.

Il faut du peu pour sauver ces générations de bambins des griffes du monstre de la pauvreté.

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