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mercredi, septembre 28, 2022

Le pétrole baisse encore : La demande menacée

Les prix du pétrole poursuivaient leur baisse mardi, dans un contexte d’inquiétudes sur la santé de l’économie mondiale qui menace les perspectives de la demande.

Aujourd’hui dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 2,36% à 104,57 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, fléchissait quant à lui de 2,65% à 101,33 dollars. « Les marchés semblent de plus en plus convaincus de l’arrivée d’un ralentissement économique mondial », menaçant ainsi la demande en or noir et pesant sur les prix du brut, commente Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades. La demande reste « décevante » en Chine, poursuit-il, en raison des inquiétudes persistantes concernant le Covid-19. Macao a entamé lundi son premier confinement depuis le début de la pandémie, afin d’endiguer sa pire vague de coronavirus. « Il y a un ralentissement de la demande du plus grand importateur de brut au monde et des inquiétudes quant à ce que révéleront les chiffres de la croissance du deuxième trimestre de vendredi », affirme Victoria Scholar, analyste chez Interactive Investor. Pour l’analyste, le gouvernement chinois « sacrifie une fois de plus son économie à la poursuite d’objectifs draconiens de santé publique ». En parallèle, les inquiétudes concernant l’offre persistent, avec notamment les sanctions sur le pétrole russe. Mais le Royaume a directement bénéficié de la hausse des cours depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, souligne Susannah Streeter, de Hargreaves Lansdown. L’Arabie saoudite a enregistré son taux de croissance le plus important en dix ans au premier trimestre, avec une hausse de 9,6% de son produit intérieur brut (PIB) sur un an. « Il est donc probable qu’il y ait encore des réticences à ouvrir les robinets trop librement, d’autant plus que l’on pense déjà que le pays fonctionne près des limites de sa capacité »

Pas de changement fondamental

Les analystes insistent cependant sur le fait qu’aucun changement fondamental n’a bouleversé le marché du pétrole depuis mardi. L’approvisionnement en or noir reste scruté, des perturbations de la production ayant lieu dans certains pays producteurs. Pour Stephen Brennock, après le « bain de sang » de la veille, les prix du pétrole devraient même rebondir, les fondamentaux du marché n’ayant pas changé. « D’une part, une récession pourrait facilement réduire la demande de pétrole. D’autre part, l’offre reste serrée », résume Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Le géant norvégien Equinor a cependant annoncé mercredi la reprise de la production dans trois gisements de pétrole et de gaz, après l’intervention d’Oslo pour mettre fin à une grève qui menaçait les exportations de la Norvège. L’incertitude se cristallise autour de la capacité de l’OPEP+ à produire plus de brut. L’alliance a réitéré ses « préoccupations concernant les problèmes de capacité dus à des années de sous-investissement et l’impact des interdictions d’importation de la Russie », souligne Susannah Streeter, de Hargreaves Lansdown. « La capacité de réserve de l’OPEP […] s’est amincie pour atteindre son niveau le plus bas depuis des années », avance Stephen Brennock.

R.I.

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