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Des fronts sont ouverts aux frontières avec le Liban et la Syrie

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La résistance palestinienne s’intensifie

Alors que l’opération surprise et sans précédent «Déluge d’Al Aqsa», lancée
samedi par le Hamas, entame son cinquième jour, les factions palestiniennes
continuent à tirer des obus et des roquettes sur les territoires occupés par
l’Etat sioniste, qui fait face aussi à des tensions grandissantes sur les flancs
Nord et Nord-Est.
Aujourd’hui, la crainte à Washington et dans les capitales européennes est que
l’ampleur de la résistance palestinienne ne dégénère bientôt en une guerre
plus large contre Israël, s’étendant au Liban et en Syrie voisins, ravivant les
vieilles revendications de restituer le Golan et les fermes de Cheba, occupés par
l’Etat hébreu.
A long terme, une telle expansion pourrait évoluer vers un conflit plus direct
entre les pays arabes, où des manifestations populaires de soutien à Ghaza
attirent des milliers de sympathisants, ce qui rappelle les mouvements
libérateurs arabes et la guerre d’octobre 1973.
Hier mercredi, alors que des centaines de roquettes continuaient d’être lancées
par le Hamas depuis la bande de Ghaza sur le sud et le centre d’Israël, le nord a
été la cible de plusieurs tirs de missiles lancés par le Hezbollah en provenance
du Sud Liban.
Dans un communiqué, le mouvement chiite qui avait affirmé précédemment
qu’il coordonnait ses actions avec le Hamas, a revendiqué l’attaque au missile
guidé antichar contre un poste de l’armée israélienne près du village d’Arab al-
Aramshe, dans le nord de l’Etat hébreu.
Une vidéo qui a circulé hier et authentifiée par les médias proches du Hamas et
du Hezbollah montre un char de l’armée israélienne, dans une région près des
frontières avec le Liban, touché par un missile guidé du Hezbollah, brûlé et
détruit complètement.
Une autre vidéo documente le moment où des missiles guidés ont ciblé un
rassemblement de soldats israéliens près du site d’Al-Jardah.
L’armée libanaise a confirmé, pour sa part, que plusieurs blindés de l’armée
sioniste (armée israélienne) ont été ciblés et détruits par les forces de
Hezbollah.

Le groupe que dirige Hassan Nasrallah a déclaré que l’attaque était une
réponse à la mort de trois de ses membres dans des frappes israéliennes lundi.
Le Hezbollah a affirmé avoir fait «un grand nombre de victimes confirmées»
avec un tir de missile.
L’armée israélienne a déclaré avoir mené des frappes au Liban en réponse à
l’attaque, mais n’a pas voulu révéler le nombre des victimes et les dégâts.
Plus tard dans l’après-midi de la même journée, les sirènes ont retenti dans
toutes les villes du nord d’Israël, y compris sur le plateau du Golan, signalant la
présence de drones en provenance du Liban.
Le chef du Conseil régional de Haute Galilée a déclaré à la Douzième chaîne de
la télévision israélienne que des dizaines de drones kamikazes ont été lancés
sur Israël depuis le Liban, et que les habitants devaient se mettre à l’abri. «C’est
ce que nous craignions », a-t-il déclaré, dont les propos ont été rapportés par
plusieurs médias.
Selon les informations de la chaîne qatarie Al Jazeera, citant la Radio de l’armée
israélienne, le Conseil régional de Haute Galilée a signalé le débarquement de
combattants en parapente à l’intérieur d’Israël. La même source a fait état de
l’infiltration d’hommes armés dans la région de Ma’yan Baruch, au nord, et des
informations faisant état d’une nouvelle salve de 20 drones kamikazes. L’armée
israélienne a riposté en lancent des fusées éclairantes sur le secteur Est du sud
Liban, d’après les mêmes sources. Selon la chaîne libanaise Al-Mayadeen, la
colonie frontalière entre le Liban et Israël de «Metula» a été le théâtre, hier, de
violents affrontements entre les éléments du Hezbollah et l’armée israélienne.
La chaîne a rapporté que des coups de feu ont été entendus à l’intérieur de la
colonie «Metulla» à la frontière, après qu’une infiltration de combattants du
Hezbollah a été signalée.
L’armée israélienne a commencé à évacuer cette colonie et l’a déclarée «zone
militaire», alors que la radio israélienne a fait savoir que les drones kamikazes
du Hezbollah étaient destinés à attaquer des cibles militaires dans le centre
d’Israël.
A l’heure où nous mettons sous presse, le Hezbollah n’a pas encore revendiqué
ces attaques.
Des informations ont souligné aussi que les autorités d’occupation ont
commencé à transférer des patients des hôpitaux du nord d’Israël vers d’autres

établissements hospitaliers du centre du pays, craignant que la situation
devienne explosive.
Mardi soir, le Hezbollah a mené une autre attaque au missile antichar contre
un véhicule blindé inoccupé de l’armée sioniste à la frontière libanaise. Cette
attaque a eu lieu après que 15 roquettes ont été lancées depuis le Liban sur la
Galilée occidentale. Le Hamas, basé dans la bande de Ghaza, a ensuite
revendiqué l’attaque à la roquette depuis le Liban. L’armée israélienne a
reconnu avoir perdu trois soldats. Des roquettes ont également été lancées sur
Israël depuis le Liban dimanche et lundi. Le Hezbollah s’est largement tenu à
l’écart des précédentes séries de combats entre Israël et les groupes armés
palestiniens, bien qu’il ait permis à des factions palestiniennes locales d’opérer
à partir de son territoire dans le Sud Liban.
Dans le contexte des tensions qui règnent dans le nord de l’Etat hébreu, de
nombreux habitants israéliens des villes proches de la frontière avec le Liban
ont quitté leur domicile au cours de la journée, craignant de nouvelles attaques
à la roquette.
Mardi dernier, les abords de plusieurs villes frontalières libanaises, ont été
ciblés par des bombardements de l’artillerie israélienne, selon les médias
libanais, ce qui a provoqué des dégâts matériels et un incendie dans une zone
forestière.
L’Agence nationale de presse officielle du Liban a indiqué que plus de dix
maisons ont été endommagées par les bombardements israéliens. Elle a
déclaré que des drones israéliens avaient été utilisés pour le bombardement,
avant que les combattants du Hezbollah ne réagissent et dirigent leur artillerie
contre elles.
Dans son communiqué d’hier, le Hezbollah a dénoncé le soutien flagrant des
Etats-Unis à l’agression israélienne contre le peuple palestinien, indiquant que
Washington est partie prenante dans cette agression et porte l’entière
responsabilité des horribles massacres contre les civils dans la bande de Ghaza.
«Nous n’avons pas du tout été surpris par les positions politiques et les
mesures de terrain prises par l’administration américaine, en particulier par les
récentes déclarations du président américain Joe Biden, qui a ouvertement
déclaré son soutien à la machine à tuer et à la guerre sioniste contre le peuple
palestinien, car c’est la véritable essence de toute la politique américaine», a-t-
il dénoncé.

«Nous considérons les Etats-Unis comme partie prenante à part entière dans
l’agression sioniste, et nous les tenons entièrement responsables des meurtres,
des crimes, du siège, de la destruction de maisons et d’habitations et des
horribles massacres contre des civils sans défense, notamment des enfants, des
femmes et des personnes âgées», a-t-il ajouté.
Il a souligné que l’envoi du porte-avions américain dans la région dans le but de
remonter le moral de l’ennemi et de ses soldats frustrés révèle la faiblesse de la
machine militaire sioniste, malgré les crimes et les massacres qu’elle commet,
et donc la nécessité d’un soutien extérieur continu pour fournir les moyens de
subsistance à cette entité usurpatrice temporaire, soulignant que cette mesure
n’effrayera pas le peuple de notre nation et les factions de la résistance sont
prêtes à l’affrontement jusqu’à ce que la victoire finale et la libération
complète soient obtenues.
Ce communiqué intervient après celui du ministère palestinien des Affaires
étrangères, qui a confirmé que l’occupation israélienne commet un génocide
contre les Palestiniens dans la bande de Ghaza, utilisant des armes interdites
au niveau international, notamment au phosphore, à fragmentation et autres,
contre la population de la bande de Ghaza.
Dans leurs commentaires sur la situation, les médias hébreux et occidentaux
reconnaissent que l’ouverture d’un second front au nord d’Israël changera les
règles du jeu, notant que le Hezbollah est plus puissant que le Hamas et la
preuve ce sont ces missiles sophistiqués antichars qui entraînent des dégâts
plus graves.
L’armée israélienne considère que c’est dans son intérêt que le Hezbollah ne
s’ingère pas dans le conflit, car elle n’a pas les moyens et assez de réservistes
pour aller combattre sur les deux fronts. Parallèlement, les médias israéliens
ont rapporté mardi soir que des roquettes avaient été tirées depuis la Syrie.
La Quatorzième chaîne israélienne a déclaré que des sirènes avaient été
activées dans la colonie de Ramat Magshimim, sur le plateau du Golan, à la
suite de tirs d’obus depuis la Syrie.
L’armée israélienne a signalé que plusieurs missiles étaient lancés depuis le
territoire syrien vers Israël, dont certains ont traversé la frontière.
Hier, Damas a abrité une réunion des secrétaires généraux et des représentants
des factions de la résistance palestinienne.

Selon l’agence de presse syrienne Sana, les participants ont confirmé que
l’offensive de «Déluge d’Al-Aqsa» a prouvé que la résistance est le seul moyen
de libérer la terre et de restaurer les droits des Palestiniens, tout en appelant
les peuples des nations arabes et islamiques à se montrer solidaires et à se
rallier par tous les moyens au peuple palestinien.
A l’issue d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Affaires étrangères
tenue au siège de la Ligue des Etats arabes au Caire, le ministère des Affaires
étrangères syrien, Fayçal Al-miqdad, a souligné la nécessité d’adopter une
position arabe unifiée en faveur du peuple palestinien à «la lumière des
tentatives auxquelles nous assistons pour liquider la question palestinienne et
perpétuer l’occupation israélienne des territoires palestiniens». Il a appelé à
l’arrêt immédiat de l’agression et à permettre à l’aide humanitaire d’arriver à
Ghaza.
Dans un autre sillage, le site d’information «Axios» a rapporté que les Emirats
arabes unis ont demandé au régime de Bachar El Assad en Syrie de ne pas
s’immiscer dans ce qu’ils ont décrit comme la guerre entre le Hamas et Israël,
ni d’autoriser des attaques contre Israël depuis le territoire syrien.
Le même média a souligné que de nombreux pays, dont les Etats-Unis, sont
profondément préoccupés par la possibilité que la guerre s’étende au Liban ou
en Syrie et dégénère en un conflit régional.
Les responsables émiratis ont adressé leurs messages à de hauts responsables
syriens et ont informé l’administration Biden de leurs contacts avec les Syriens,
selon les sources d’«Axios».
Par ailleurs, le site de la chaîne émiratie «Sky News Arabia» a rapporté qu’Israël
a envoyé un avertissement au Hezbollah, via la France, que s’il entrait en
guerre, Israël pourrait «diriger des frappes contre Damas», et que «le président
syrien Bachar El Assad et son régime seraient en danger».
D’après le même média, la décision annoncée par le Secrétaire américain à la
Défense, Lloyd Austin, de rapprocher le porte-avions américain «USS Gerald
Ford» de la région faisait partie de cette menace. Cet immense cuirassé
moderne transporte 38 avions de combat F-35, F-15 et F-16 et dispose d’un
stock de 1000 tonnes d’armes.
Il est accompagné de 4 petits navires de guerre, d’un autre transportant des
missiles et de 4 sous-marins de guerre nucléaires, et il est prêt au combat sans
préparation préalable.

Le président russe, Vladimir Poutine, a critiqué hier la demande des Etats-Unis,
en déclarant : «Je ne comprends pas pourquoi Washington envoie des porte-
avions en Méditerranée. Veulent-ils bombarder le Liban ou effrayer qui que ce
soit ? Il y a des gens qui n’ont plus peur de rien».
Il a estimé que «l’embrasement de la situation et la montée de la violence
entre Israël et les Palestiniens est un exemple frappant de l’échec de la
politique américaine au Moyen-Orient».
Hamid Mecheri