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mardi, août 16, 2022

Karim Zaoui (entraîneur de football) : « Face au Maroc on est tombé dans la facilité »

« On a prouvé que l’Algérie est capable d’abriter n’importe quelle compétition sportive »

« Sur le plan collectif, l’équipe marocaine m’a impressionné »

« Le Maroc n’a pas volé sa victoire »

« Face à la France, ce sera une finale avant l’heure »

« L’objectif de l’Algérie est de gagner au moins 10 médailles d’or et de finir parmi les 5 premiers au classement général »

Ancien entraîneur de plusieurs clubs professionnels de football (NA Hussein Dey, JS Saoura, NC Magra, O Médéa), Karim Zaoui (52 ans), nous a dressé dans cet aimable entretien son bilan personnel sur le déroulement des JM d’Oran, le niveau des participants algériens et d’autres sujets sur ce grand rendez-vous sportif. Écoutons-le.

Comment jugez-vous l’organisation depuis le début des Jeux d’Oran ?

Par rapport à la cérémonie d’ouverture, je peux dire que l’Algérie a fait un grand pas vers le haut niveau, on a assisté à une fête grandiose. Nous avons encore prouvé que nous sommes une grande nation sportive. Même sur le plan politique, l’Algérie est toujours dans les premiers plans. Donc je peux dire que nous progressons petit à petit vers l’avant. Nos voisins s’attendaient à une organisation médiocre, mais ils ont fini par comprendre que nous sommes un pays qui peut surprendre dans beaucoup de domaines. Une réussite vraiment inattendue sur le plan organisationnel, grâce à des gens compétents qui ont une grande expérience. Tout le monde a été ébahi par ce scénario. Sinon, dans l’ensemble, je pense que tout le monde est satisfait de l’organisation. Nous avons prouvé à nos invités que nous étions prêts pour cette fête-là. C’est une preuve encore que l’Algérie peut abriter n’importe quelle compétition ou évènement.

Ces Jeux ont enregistré un nombre record de participants, votre avis là-dessus…

Le grand nombre de participants n’est pas une surprise. C’est ça le haut niveau. Chaque pays a envoyé le plus grand nombre de ses athlètes afin d’assurer le plus grand nombre de médailles.

Que pensez-vous du niveau affiché par nos athlètes et du nombre de médailles déjà acquises par l’Algérie ?

L’objectif de l’Algérie est de récolter 10 médailles d’or. Nous en avons déjà gagné 6 et ce chiffre peut augmenter de jour en jour. Ces performances vont donner un nouvel élan à l’Algérie sur le plan sportif international, ce qui va nous permettre de gagner en respect aux yeux du monde entier. Il y a des disciplines où on est fort, comme le karaté par exemple, avec un entraîneur égyptien qui a su donner du tonus à nos athlètes. Il y a aussi la boxe, où l’Algérie a toujours été performante. Rappelons-nous des Hamanai, Ould Makhloufi, Moussa, Zaoui, pour ne citer que ceux-là. Ils ont fait les beaux jours de cette discipline en Algérie. Avec ces Jeux, nous avons découvert aussi la boxe féminine, où nous avons une vice-championne du monde qui nous a régalés avec sa technique. Il y a aussi d’autres disciplines où nous sommes forts, comme le badminton qui nous a réservé une belle surprise, grâce notamment à la médaille d’or gagnée par le duo contre l’Espagne. Il y a aussi le football où nous avons été bons, en attendant d’autres performances comme en athlétisme. L’Algérie doit finir ce tournoi au moins parmi les 5 premiers, ça sera la cerise sur le gâteau.

Parlez-nous maintenant des performances de la sélection de football U18 et de la défaite face au Maroc…

Je dirais que les U18 ont bien démarré en battant une grande équipe espagnole. Sur le plan individuel, on a des joueurs de grande qualité qui jouent en Europe. Face à l’Espagne, nos joueurs avaient la rage de vaincre, mais dans le deuxième match, c’était l’euphorie et nos joueurs sont tombés dans la facilité. On a gagné le match avant de le jouer, on était dans les nuages ! L’adversaire marocain, sur le plan collectif, m’a vraiment impressionné et n’a pas volé sa victoire. Maintenant, un grand travail psychologique attend l’entraîneur national. Face à la France on va réagir et on va tout donner. Les joueurs doivent remettre les pieds sur terre, être bien concentrés durant les 90 minutes et être bien en place sur le plan tactique. Si on veut gagner face à la France, on doit jouer de la même manière que face à l’Espagne. Ce sera une finale avant l’heure.

Vous avez quitté le NA Hussein Dey en pleine saison. Que fait monsieur Zaoui depuis ?

Comme vous devez le savoir, j’ai été poussé vers la sortie au NAHD par le président du Directoire. J’étais venu avec de bonnes intentions à Hussein-Dey et j’ai réalisé de bons résultats, mais l’incompétence des dirigeants mahdistes ne m’a pas laissé travailler. Après mon départ du NAHD, je suis resté inactif pendant deux mois, et à la phase retour j’ai pris en main l’Olympique de Médéa, qui était dans un gouffre, avec à la clé douze défaites consécutives. Il n’y avait ni argent ni motivation, et j’ai trouvé une équipe tout juste moyenne et abattue. Mais Hamdoullah on s’est bien préparé et on a fait sensation. J’ai pu remobiliser le groupe sur le plan mental et ramener 22 points. J’ai transmis à mon groupe l’esprit de la gagne, on a bien travaillé pendant trois mois, mais dommage que je sois arrivé un peu trop tard, car franchement, on aurait pu atteindre l’objectif qui était le maintien. On a terminé avec 36 points.

Pour finir, selon vous, quelle dimension l’Algérie pourra atteindre après les Jeux d’Oran. Qu’est-ce que cette compétition pourra apporter au pays ?

Nous avons des hôtels, des terrains, un stade aux normes mondiales, je dirais que la CAF peut compter sur l’Algérie pour organiser une deuxième coupe d’Afrique. Grâce à des Jeux Méditerranéens réussi, l’Algérie entrera dans une nouvelle dimension politique aux yeux de l’opinion internationale.

Entretien réalisé par Hamid Si Ahmed

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