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mardi, août 16, 2022

Investissement en Algérie : Fulgurante ascension des entreprises turcs

Par : Hamid Mechri

La Turquie passe devant la France, considérée depuis longtemps l’investisseur majeur et partenaire stratégique en terme d’investissements en Algérie.

Le pays d’Erdoğan a remarquablement diversifié et augmenté le volume de ses investissements en Algérie ces dernières années, devenant ainsi un acteur de premier plan, après que le volume des investissements ait dépassé la barrière de 5 milliards, avec la présence de 1 400 entreprises turques sur le marché algérien.

Lors d’une visite d’une aciérie turque dans la ville d’Oran, dans le cadre de sa participation à l’ouverture officielle des Jeux méditerranéens organisés par la ville d’Oran, le vice-président turc Fuad Aktay a déclaré samedi dernier que le volume des investissements des entreprises de son pays à l’étranger s’élevait à 46,5 milliards de dollars fin 2021.

Alors que le volume des investissements des entreprises turques à l’étranger s’élevait à 46,5 milliards de dollars, les pays d’Afrique du Nord représentaient 4,1% du total de ces investissements, tandis que les investissements turcs en Algérie s’élevaient à 5 milliards de dollars.

Aktay a indiqué que plus de 1 400 entreprises turques sont actives en Algérie et fournissent des emplois à plus de 30 000 salariés et travailleurs algériens, faisant part de la volonté d’Ankara de signer un accord de libre-échange ou de commerce préférentiel avec l’Algérie.

Auparavant, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait indiqué dans une interview au magazine français « Le Point » que les relations avec la Turquie étaient « excellentes », ajoutant : « Sans conditions politiques, les Turcs ont investi 5 milliards de dollars en Algérie », avant de poursuivre : « Ceux qui sont dérangés par ces relations, qu’ils viennent en Algérie et qu’ils investissent aussi ».

Depuis la signature du traité conjoint de coopération entre les deux pays, il y a 15 ans, le rapprochement entre la Turquie et l’Algérie s’est intensifié, ce qui s’est traduit par l’encouragement des investissements mutuels entre les deux pays.

La voie a été ouverte aux investissements turcs en Algérie, qui s’élèvent à près de 5 milliards de dollars, tandis que les investissements algériens en Turquie se concentrent dans le domaine de l’énergie, qui est un secteur très important pour Ankara.

Les deux pays visent à doubler le volume des échanges commerciaux, qui varie entre 3,5 et 4 milliards de dollars par an, à 10 milliards de dollars (chacun) d’ici 2030.

Alors que l’Algérie est l’un des plus grands partenaires commerciaux de la Turquie sur le continent africain, elle se classe également au septième rang des plus grands pays dans lesquels la Turquie investit, et au premier rang sur le continent africain, alors que l’on s’attend à un volume élevé d’investissements turcs en Algérie.

Il est à noter que la plupart des investissements turcs en Algérie sont concentrés dans le secteur industriel.

Dans le contexte de la crise énergétique qui secoue le monde entier depuis le déclenchement de l’opération militaire russe en Ukraine fin février, la Turquie cherche à profiter du rapprochement politique et économique avec l’Algérie pour accroître sa part du gaz algérien au détriment du gaz russe et iranien.

Récemment, la Turquie a commencé à importer du gaz d’Algérie pour une quantité de 5,4 milliards de mètres cubes par an.

Non seulement la Turquie doit s’assurer une source sûre de gaz, mais en 2021, elle a ouvert ses portes au géant pétrolier algérien, « Sonatrach », qui a confirmé que les relations commerciales entre les deux pays sont basées sur le principe gagnant-gagnant, pour devenir l’un des plus gros investisseurs du projet pétrochimique de Ceyhan, après y avoir signé Trois contrats d’une valeur de 1,7 milliard de dollars pour utiliser le gaz propane algérien pour produire du plastique polypropylène.

Tout comme ils coopèrent dans l’industrie pétrochimique et des hydrocarbures, les deux pays soulignent la nécessité de développer les opportunités et les possibilités d’investissement et de partenariat dans le secteur de l’énergie, notamment dans le domaine de la production et du transport d’électricité, ainsi que d’apporter toutes les formes de soutien et échanger des expériences dans le domaine de la recherche et de l’exploration du gaz naturel dans les profondeurs de la Méditerranée.

Point culminant d’investissements mutuels et de partenariats actifs entre les deux pays, le complexe sidérurgique algéro-turque Tosyali a remporté le prix du « Meilleur exportateur » hors secteur des hydrocarbures en Algérie en 2021, grâce à des exportations de près de 900 millions de dollars.

Il convient de noter que la mise en œuvre du projet a débuté en 2013 dans la wilaya d’Oran, en trois phases, entre un groupement d’entreprises privées algériennes et la société turque Tosyali, et est entré en phase de production en 2017.

Ce trophée est décerné par le World Trade Center Algiers (WTCA) qui a organisé la cérémonie de remise des prix de cette 19e édition à Alger, la semaine passée, en présence du conseiller du president de la République chargé des affaires économiques, Yacine Ould Moussa, du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, et de plusieurs chefs d’entreprises et responsables de différentes organismes.

Le directeur général de Tosyali Algérie, Ibrahim Elciboga, a indiqué à l’issue de la cérémonie que la société qu’il dirige ambitionne d’atteindre un volume d’exportation de 1,4 million de tonnes en 2022, avec un chiffre d’affaires à l’export de 1,2 milliard de dollars, ajoutant que les mots d’ordre chez Tosyali Algérie sont : « globalisation, investissement et durabilité » dans le but d’augmenter les exportations et l’intégration.

Elciboga a évoqué également le projet du complexe de production d’acier plat qui devrait « être opérationnel en mai 2024 pour une capacité de production de 2 millions de tonnes/an permettant de répondre à la demande des opérateurs locaux mais aussi d’exporter ».

Situé dans la zone industrielle de Bethioua à 30km d’Oran, Tosyali Algérie, leader du domaine sidérurgique en Algérie, emploie 3 800 travailleurs et salariés, et couvre une part importante des besoins du marché local en produits sidérurgiques, notamment en fer de construction.

H.M.

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