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jeudi, septembre 29, 2022

Gel des opérations du commerce extérieur avec l’Espagne : C’est Madrid qui a le plus besoin de l’Algérie, selon l’ANCA

Par : Hamid Mechri

Dans une note adressée aux banques, la semaine passée, l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) a annoncé le gel des domiciliations bancaires des opérations de commerce extérieur de produits de et vers l’Espagne à partir du jeudi dernier, 9 juin. 

L’Institution financière a expliqué cette mesure par la suspension par l’Algérie du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Espagne. 

Un coup dur pour les échanges extérieurs bilatérales entre les deux pays, d’autant plus que beaucoup d’entreprises d’importation ou d’exportation activent sur cet axe. 

Cependant, l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) a minimisé l’impact sur l’économie algérienne, estimant que c’est l’Espagne qui a le plus besoin de l’Algérie et non l’inverse. 

D’autant plus que « les matériaux et produits que l’Algérie importe d’Espagne sont disponibles au niveau d’autres pays, et ils peuvent également être compensés par l’augmentation de la production nationale », a expliqué Hadj Tahar Boulenouar, président de l’ANCA, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de l’association en réaction à la décision de l’ABEF. 

L’Espagne est le troisième client de l’Algérie, tandis que l’Espagne est le cinquième fournisseur de l’Algérie, et le volume des échanges commerciaux atteint entre 7 et 8 milliards de dollars, faisant de l’Algérie le deuxième client de l’Espagne en Afrique, a ajouté Hadj Tahar Boulenouar. 

l’Algérie fournit également à l’Espagne 50 % du gaz dont elle a besoin, a-t-il ajouté. 

Même s’il ne nie pas que les marchés des deux pays seront touchés par la décision de suspendre les transactions commerciales, le président de l’ANCA a souligné que l’Espagne est le plus grand perdant. 

« Les matériaux et produits importés d’Espagne peuvent être compensés de deux manières, soit en changeant la destination de l’importation , d’autant plus que les marchandises en provenance d’Espagne ne sont pas exclusifs mais sont disponibles aussi bien en Italie, dont la relation avec l’Algérie est bien connue, en Turquie, au Portugal, en Chine et en France », a-t-il développé. 

De même, a-t-il poursuivi, « ces produits peuvent aussi être compensés par l’augmentation de la production nationale. Plusieurs entreprises algériennes produisent les mêmes marchandises. Ce qui leur donne désormais l’opportunité de doubler leur production, ce sera donc une opportunité pour elles de se prolonger sur le marché ». 

Les exportations de l’Algérie vers l’Espagne se répartissent entre les hydrocarbures, avec plus de 90 % des exportations, en plus de divers produits tels que les matériaux en plastique, les graines, les poissons et des produits tels que les sucres, les dattes et les engrais. 

Quant aux importations algériennes en provenance du Royaume ibérique, elles comprennent les machines et équipements, les papiers et cartons, notamment pour l’emballage, les huiles végétales et animales, les dérivés du fer et les matières plastiques. 

Dans ce contexte, l’ANCA a affirmé son soutien à la position souveraine de l’État algérien de suspendre les transactions commerciales, en réaction au revirement de position espagnol contre ses positions antérieures sur le Sahara occidentale, comme en témoignent les partis espagnols qui tiennent le gouvernement du Sánchez pour responsable de la détérioration des relations bilatérales. 

Le premier responsable de l’ANCA a confirmé que les commerçants et opérateurs économiques travailleront pour trouver des alternatives aux marchandises qui subiront cette décision, que ce soit pour l’importation ou l’exportation. 

Inquiétudes de 120 entreprises espagnoles en Algérie 

Selon le quotidien espagnol « El Periódico », ce sont 120 entreprises espagnoles qui opèrent en Algérie, dont les plus célèbres et importantes telles que Naturgy, Cepsa et Repsol, qui ont des investissements dans notre pays. 

Les sanctions commerciales que l’Algérie a infligée à l’Espagne pour son changement de position sur le Sahara occidentale inquiètent dors-et-déjà les secteurs et les entreprises espagnoles. 

Deuxième économie en Afrique, l’Algérie est devenu ces dernières années l’une des principales destinations des biens et services espagnols, pour un chiffre d’affaires de près de 3 000 millions d’euros cette année 2022, a souligné le journal « El País ». 

De quoi expliquer l’incertitude qui règne dans les entreprises espagnoles. 

« Nous sommes très inquiets. Nous savons que nos partenaires ont contacté leurs clients en Algérie pour voir où en est la situation. Cette année, les ventes ont augmenté. Nous devons être prudents, suivre ce qui se passe dans les prochains jours et voir comment cela nous affectera », a déclaré Manuel Breva, secrétaire général de l’association patronale Anffecc, qui regroupe les principaux producteurs espagnols, cité par El País. 

Dans le cas des fabricants de carreaux et de revêtements de sol en céramique, les expéditions vers l’Algérie ont atteint une valeur de 39 millions d’euros, a rapporté le même quotidien. 

« l’Algérie était il y a des années une destination importante. Cependant, en même temps que son industrie locale prospérait, les barrières commerciales à nos exportations se sont accrues », détaille l’Association espagnole des fabricants de carreaux et de chaussées en céramique (Ascer). 

PMS International, une firme dédiée au commerce international de matières premières et de produits chimiques, basée à Barcelone, reconnaît que dans son cas la situation est critique : l’échange avec l’Algérie représente des revenus de 35 millions d’euros, soit 90 % de son chiffre d’affaires . « Nous avons beaucoup de conteneurs arrêtés dans les ports algériens. Nous sommes désespérés, et nos clients algériens sont désespérés car ils ne peuvent pas récupérer la marchandise et les frais du séjour sont engagés », a souligné Job Pero, le directeur général de l’entreprise. 

« Nous souffrons depuis le jour même où [Pedro] Sánchez a changé sa position sur le Sahara ». 

Les aciéries et les constructeurs automobiles ressentiront également l’impact, bien que dans une moindre mesure, a noté également El País. 

Les employeurs espagnols soulignent que les barrières commerciales ont réduit les exportations ces dernières années, notamment celles de l’acier (elles sont passées de 450 000 tonnes en 2019 à 112 000 en 2021) ; et ceux des voitures (l’année dernière seulement 5 171 véhicules ont été exportés vers l’Algérie, soit 0,3% du total vendu à l’étranger).

H.M.

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