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dimanche, décembre 4, 2022

Énergies renouvelables : L’Algérie, un partenaire stratégique majeur

Par : Hamid Si Ahmed

Les nouveaux bouleversements géostratégiques dans les domaines militaire et économique, imposent à l’Algérie d’adopter de nouvelles visions énergétiques et numériques, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. S’orienter ainsi vers de profondes réformes politiques et socio-économiques qui permettront de dynamiser les exportations hors hydrocarbures. Avec les nouvelles tensions géopolitiques qui frappent la région, et les réelles menaces d’une récession de l’économie mondiale, la mise en place d’un nouveau mode de gouvernance économique semble fondamentale. En effet, alors que le monde s’oriente vers un nouveau modèle économique fondé sur la transition numérique et énergétique, cela imposera à l’Algérie le lancement de nouveaux projets et de nouveaux investissements. Une nouvelle dynamique souhaitée, mais qui reste néanmoins confrontée à plusieurs facteurs déterminants. Effectivement, force est de constater que l’impact de la crise ukrainienne, l’inflation et la tension budgétaire, la dévaluation du dinar et la dégringolade du pouvoir d’achat, a signé l’urgence pour l’État algérien de miser sur une gestion moderne de l’entreprise économique, par le développement des filières industrielles, l’accroissement des niveaux de production et la valorisation des ressources naturelles du pays. Outre ces concepts, le développement humain reste entre autres un paramètre à ne pas négliger, avec une pression démographique galopante qui a atteint les 45 millions d’habitants en 2021, alors qu’on s’attend à plus de 50 millions en 2030. Des statistiques qui démontrent bien l’importance de planifier un nouveau modèle de consommation énergétique et de nouvelles approches industrielles.

L’Algérie acteur incontournable sur la scène internationale

Alors que l’Afrique est plus que jamais désignée comme la future destination de la croissance mondiale , et en dépit de la position prise par l’Algérie en s’affichant comme partenaire prioritaire des blocs russes et chinois, l’Occident envisage de s’appuyer sur les capacités et infrastructures de l’Algérie. Actuellement, dans un monde qui tend au bipolarisme, avec une région Est mettant en avant ses ressources naturelles, et un bloc Ouest bénéficiaire de son avancée sur le plan technologique, le gouvernement algérien est conscient de son positionnement stratégique et de son devoir de se placer judicieusement dans le concert des conflits régionaux et internationaux. Dans le souci de conforter sa place sur la scène internationale, et disposant d’atouts énergétiques, l’État algérien est de ce fait conscient que la transition énergétique constitue un levier important du développement économique national, au regard des potentialités dont jouit le pays en termes de ressources d’énergies renouvelables. Ainsi, alors que les relations entre les différents pôles s’accentuent et se réorganisent, et que les énergies sont en train de prendre une place prépondérante, l’Algérie est en passe de devenir un acteur incontournable sur la scène énergétique internationale.

Un grand potentiel

Certes, le développement des énergies renouvelables en Algérie reste insignifiant, mais en raison de la crise énergétique mondiale, le pays s’est découvert un rôle primordial aux yeux de l’occident et de l’Union européenne. Une réalité qui poussera les autorités économiques et financières algériennes à améliorer leur efficacité énergétique, par l’investissement en vue de nouvelles découvertes d’hydrocarbures, à l’instar de l’énergie solaire et l’hydrogène vert. Comme l’a souligné le directeur général du Groupe des énergies renouvelables, Boukhalfa Youssi, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III : « L’objectif est de fournir aux entreprises étrangères souhaitant investir en Algérie le climat nécessaire. L’Algérie est actuellement considérée comme un candidat solide pour être le premier fournisseur européen d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables. Même son de cloche chez le gouverneur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, Noureddine Yasa, qui a confirmé lui aussi que l’Algérie « dispose d’un grand potentiel solaire et elle est capable de produire de l’hydrogène vert à des coûts très compétitifs, grâce notamment à son grand potentiel d’énergie solaire, ses importantes ressources en gaz naturel et les infrastructures qui l’accompagnent »

Absorber les technologies et le savoir faire

Si la mise en place d’une production locale des énergies renouvelables passe inévitablement par la transition énergétique, cela implique forcément de basculer vers l’étape industrielle. Un développement du secteur énergétique qui ne sera possible que par un programme de modernisation des procédés et des moyens de réalisation. A la recherche de solutions innovantes, les experts et spécialistes sont soucieux de créer une synergie durable entre les partenaires économiques étrangers et l’Algérie, de sorte à fournir au pays la technologie de pointe, primordiale à la redynamisation de l’investissement. A cet effet, le gouvernement algérien a accordé depuis le début de l’année en cours, la priorité à l’expertise acquise dans le cadre des différents accords commerciaux fructueux au niveau international. Comme la technologie des cellules solaires, la construction de la première centrale nucléaire à des fin pacifiques, le développement du gaz de schiste et l’énergie et l’hydrogène, nécessiteront forcément de s’adapter aux nouvelles découvertes scientifiques.

Le gaz, la nouvelle arme de l’Algérie

En termes d’approvisionnement de l’Europe en gaz, les observateurs estiment que l’Algérie peut devenir un acteur stratégique. Si le gaz russe représentait avant la guerre en Ukraine 47% de la consommation européenne, le gaz algérien pourrait passer de 11% à 25%. Et si l’Algérie s’est montrée neutre dans le conflit ukrainien, cela n’est pas un hasard. En effet, la crise ukrainienne n’a eu aucun impact sur les relations entre l’Algérie et l’Occident, même si l’Algérie affiche ouvertement son étroite collaboration avec la Russie, notamment dans le domaine de l’armement. Il n’y a qu’à constater les récents accords de partenariat avec l’Italie, avec des chiffres révélateurs sur le degré de partenariat entre les deux pays. L’Algérie, qui entretient des relations privilégiées avec l’Italie, a déjà livré à ce pays depuis le début de l’année 13,9 milliards de m3, dépassant de 113% les volumes prévisionnels, prévoit encore de livrer d’ici la fin de l’année 2022, six milliards de m3 supplémentaires de gaz. Avec des recettes d’exportations en hausse, le groupe pétro-gazier public Sonatrach annonce ainsi des investissements de l’ordre de 40 milliards de dollars et une recette d’environ 58 milliards de dollars pour fin 2022. De quoi envisager sérieusement d’entrer dans une nouvelle ère transitoire, synonyme de substitut aux énergies fossiles et d’adaptation avec les avancées technologiques.

H.S.A.

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