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mardi, janvier 31, 2023

En l’absence des vacanciers algériens : L’industrie touristique en Tunisie peine à survivre

Avant la crise du Covid-19, près du 3 millions de touristes algériens visitent chaque année la Tunisie, assurant ainsi 50 % des réservations hôtelières et d’importants revenus pour l’industrie touristique tunisienne. 
Cette année, en raison de maintien de la fermeture des passage frontaliers terrestres entre les deux pays, ils seront beaucoup moins nombreux, voire totalement absents. Même si on est  encore en début de saison, les professionnels tunisiens s’inquiètent de cette absence du marché algérien, qui représente l’un des marchés les plus importants de ces quatre dernières années, et espèrent la réouverture des passages pour surmonter cette perte importante de chiffre d’affaires. 
« Les professionnels du tourisme s’inquiètent. Ils s’interrogent sur le marché algérien, considéré comme un marché très important. Il faut savoir qu’en 2019, nous avons reçu 2 900 000 touristes en provenance du sol algérien. Mais cette année, la frontière terrestre algérienne avec la Tunisie est toujours fermée jusqu’à présent », a expliqué à la télévision publique tunisienne Hadi Hamdi, expert dans le domaine du tourisme et président de l’Association « Tourisme ». 
Devant cette situation, les professionnels tunisiens reconnaissent, comme le souligne Lotfi Maani, Directeur Central de la Promotion à l’Office National du Tourisme (ONT), que « la décision est souveraine de côté algérien, et nous la respectons, en attendant que la vision devienne claire, et les relations sont toujours fraternelles entre les deux pays. Nous espérons qu’il y aura un dénouement ». 
D’après les statiques des Autorités tunisiennes, 93 % des estivants Algériens foulent le terroir tunisien par voie terrestre. 
Ce qui explique l’inquiétude des professionnels tunisiens de tourisme de voir la fermeture des passages frontaliers durer. 
« Nous espérons que les autorités tunisiennes feront un effort auprès des autorités algériennes pour ouvrir les frontières terrestres et que nous pourrons reprendre le travail », a souhaité Hurra Milad, Présidente de l’Association Tunisienne des Auberges et Hôtels. 
Alors que pour attirer les Algériens, les professionnels tunisiens de tourisme ainsi que les propriétaires d’hôtels et agences de voyages misent sur l’optimisation des conditions d’accueil des touristes algériens, en commençant par les points frontaliers en réduisant notamment la durée d’attente, mais aussi l’amélioration des services fournis aux passagers. 
« Si pour ouvrir les frontières il va y avoir entre 3 000, 4 000 et même 5 000 passagers par jour, comment peuvent-ils attendre aux passages frontaliers de longues heures sous le soleil ? Où est le budget d’équipement [promis par l’État tunisien, Ndlr] qui a été alloué pour la préparation et la mise à niveau des passages frontières et l’extension à 3 ou 4 voies, ainsi que l’aménagement d’espaces de pose et de repos et les grands parkings ? où est passé ce budget ? », s’est interrogé un autre professionnel. 
« Jusqu’à maintenant, nous nous attelons à toutes les préparatifs, même si la saison touristique n’est toujours pas encore lancée officiellement. Nous avons des réservations. Nous notons une amélioration relative et significative par rapport à l’année dernière », a indiqué Afif Kishk, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière. 
Pour ce dernier, il n’y a pas de choix : pour atteindre le pic, il faut attendre l’après Aïd El Kébir et l’arrivée des touristes venant de l’Algérie. 
« En terme de disponibilité, les chambres sont là et les attendent, et les agences de voyages sont également prêtes à contribuer à l’organisation des séjours et voyages, ainsi que les transports nationaux et Tunisair également », a-t-il ajouté. 
Lourdement impacté par les répercussions de la crise sanitaire de Covid-19, les Autorités tunisiennes avaient organisé des assises du tourisme tunisien pour définir une stratégie de développement du secteur touristique à l’horizon 2035, dont l’objectif principal est de revitaliser la destination tunisienne. 
« Nous sommes en plein préparation. Des rencontres comme celles-ci sont très importantes pour nous afin de tout mettre en place pour le jour “J” pour que nos frères de l’Algérie viennent ici. Nous veillons à les accueillir et leur offrir des services de qualité », a confié l’un des participants à ces assises. 
En mai dernier, Jaber Ben Attouch, président de la Fédération tunisienne des agences de voyage et de tourisme (FTAV),  a appelé le gouvernement tunisien à réfléchir à des solutions à court terme pour sauver la saison touristique, notamment en signant un accord avec son homologue algérien qui permet d’organiser des trajets en bus entre les deux pays. 
« Ces voyages, qui peuvent être organisés dans les deux sens par les agences de voyages, compte tenu de la disponibilité des équipements de transport nécessaires et appropriés, sont en attente de la levée des restrictions imposées par le Covid-19 », a-t-il indiqué à la TAP. 
Il a souligné que cette solution conduira à gagner entre 30 et 40 % des touristes algériens qui visitent habituellement la Tunisie, dont les chiffres estimés à environ 3,8 millions de touristes. 
Ben Attouch a noté que jusqu’à présent, les opérateurs commerciaux et les Algériens résidant en Tunisie sont autorisés à se déplacer entre la Tunisie et l’Algérie par les passages frontaliers terrestres. 
Il a ajouté que la méthode de réalisation des trajets en bus, deux ans après la pandémie de Covid-19, aidera les professionnels des deux pays à se rapprocher des chiffres enregistrés en 2019, notamment au vu de la forte demande du marché algérien. 
Le même professionnel a estimé que la liaison aérienne entre l’Algérie et la Tunisie ne pouvait constituer une solution adaptée à la demande, notamment en raison du coût élevé des billets, notamment pour les familles. 
Il est à noter que le taux des réservations est évalué à 50 %, selon l’association tunisienne des Auberges et hôtels. 
Reste à espérer une amélioration d’ici l’été, et l’éventuel retour des touristes algériens pour sauver le tourisme tunisien.

Hamid Mecheri 

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