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samedi, octobre 23, 2021

Dynamisation de l’Industrie maritime nationale

Un défi à relever!


Les transports sont l’un des piliers de l’émergence économique et du
développement de tout pays. Ainsi, l’existence d’un système de transport efficace
et d’infrastructures modernes conduit à la dynamisation de l’économie et à la
production à grande échelle. Dans cette analyse nous voulons placer le cap sur
l’industrie maritime algérienne.
Le transport maritime est une industrie majeure qui n’est plus à démontrer.
L’efficacité de sa performance se mesure à la qualité des services qu’elle fournit
dans le cadre du commerce international, ou la présence d’une flotte navale
nationale affecte positivement les activités économiques dans leur ensemble. Il
en va de même pour la gestion des ports et la manière dont ils exécutent et
organisent les différentes opérations commerciales.
Plus l’infrastructure est modernisée et fonctionne grâce à une chaîne logistique
dotée des dernières technologies, surtout si elle bénéficie d’une situation
géographique distincte comme celle de l’Algérie, sans aucun doute le pays aura
une plus grande part dans le commerce international.
Pour ce faire, de nouvelles stratégies doivent-être mises en place pour le
développement du transport maritime afin de réorganiser la gestion des
compagnies publiques de ce secteur. Cela permettra de sécuriser les
approvisionnements du pays en produits stratégiques, participer de manière
substantielle au transport des marchandises et des voyageurs de et vers l’Algérie
et à réduire les transferts de devises à l’étranger au titre des services.
La restauration du statut et le rôle de l’Algérie en Méditerranée et dans
l’économie régionale et mondiale et plus que nécessaire, alors que les dépenses
en services de transport maritime pour les opérateurs étrangers est considérée
comme un « point noir » pour la trésorerie du pays, ce qui fait le recours à
l’utilisation des capacités nationales dans ce domaine demeure plus
qu’indispensable pour parvenir à une indépendance locale.
En effet, les observateurs du secteur considèrent que les entreprises nationales
peuvent atteindre la couverture nationale du transport maritime de marchandises
à un taux de 23% à 30%, alors que l’Etat envisage d’atteindre le taux de 50% du
transport de marchandises via les armateurs algériens afin d’accéder à
l’indépendance nationale, en s’appuyant sur les cadres formés dans le domaine
maritime et de la maintenance.


La logistique, un marché fructueux  
Les futurs défis de l’industrie maritime sont énormes, et l’opportunité
d’intensifier les transactions commerciales avec les différents partenaires est une

aubaine pour l’Algérie. Il est temps de faire ses preuves pour sécuriser ses
chaines d’approvisionnement et de production et réduire sa dépendance à
l’international. Il est utile de signaler que les lignes courtes pourraient être
desservies par l’armement algérien afin de reprendre sa place dans la chaine
logistique qui irrigue l’économie algérienne, sachant que le commerce extérieur
dépend entièrement du transport maritime et l’on ne peut concevoir l’Algérie
sans marine marchande.
Cette renaissance de la marine marchande algérienne, avant la situation
épidémiologique, doit évidemment être préparée par la mise à niveau du cadre
législatif et réglementaire. L’objectif est l’émergence d’une nouvelle génération
d’armateurs algériens et la constitution d’une flotte opérant selon les standards
internationaux.
Les tarifs de frets ont triplé en 2 ans
Dans ce sillage, il en ressort que les taux de fret par conteneurs ont atteint des
niveaux record, environ deux ans, ou la demande de fret maritime a été
augmentée de manière spectaculaire.
Cependant, les leaders opérant dans ce domaine ont pris le dessus pour profiter
de la situation, à travers une organisation professionnelle de vente exercée par
leurs réseaux respectifs d’agences maritimes à travers le monde. Ces majors sont
à l’affut de la moindre marchandise conteneurisée pour la transporter,
qu’importe son point d’origine et sa destination.
A titre d’exemple, les indices de Baltic Exchange pour la logistique maritime
ont été multipliés plus de trois fois par an, en coopération avec le groupe
Freightos à Hong Kong, les prix du transport de conteneurs de 40 pieds sur 12
grandes lignes maritimes ont atteint environ 7 000 dollars pour transporter un
conteneur de la Chine vers la côte ouest des Etats-Unis. Quant au coût de
transport d’un conteneur vers l’Europe, il a atteint 10 000 dollars, contre
seulement 1 600 dollars, une année seulement avant la propagation de la Covid-
19.
L’Algérie peut mieux faire
En ce qui concerne l’industrie maritime algérienne, résidant dans l’activité du
transport des conteneurs, le nombre de conteneur importé au cours les cinq
dernières années, avoisine les 900 000 teus (conteneur équivalent 20 Pieds).
En 2019, le nombre de teu a dépassé le million, et environ 700.000 teus
transitent par les ports de transbordement, nécessitant ainsi le service du
feedering (action de transbordement entre les grands navires de ligne (navires-
mères) qui font escale dans un nombre limité de grands ports (hubs), et les plus
petits navires (feeders) qui acheminent les marchandises vers des ports de plus
petite taille que les armateurs ne desservent pas en ligne directe) pour leur
acheminement à leur destination finale.

A cet effet, il faut dire que le transport maritime de marchandises
conteneurisées, de et vers l’Algérie, est assuré dans sa quasi-totalité par des
armateurs étrangers, dont 5 détiennent 80% de part de marché. Les 20% restants
sont partagés par des armements toujours étrangers mais d’envergure limitée, et
tout le monde s’affirme à dire que le pavillon national y est à peine à 2% du
marché.
Le taux de participation des entreprises algériennes demeure très faible, c’est
dans cette optique qu’il faut dynamiser l’industrie maritime nationale, et ce,
pour améliorer la performance et la prestation de services des compagnies
nationales. Il s’agit surtout de faciliter le transport des marchandises et
encourager la création de joint-ventures avec d’autres opérateurs, sachant que
les accords bilatéraux permettent de lever les obstacles et de flexibiliser les
opérations de transport maritime entre les pays alliés.
Par : Meryam B.

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