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dimanche, décembre 4, 2022

Dossier de l’automobile : Voit-on enfin le bout du tunnel ?

Par : Hamid Mechri

Malgré le fiasco connu par les usines de montage de voitures dans les années passées qui ont abouti à l’échec de lancement d’une véritable industrie automobile locale, la nouvelle feuille de route de l’État – se déclinant dans la nouvelle loi sur les investissements – montre des signes d’optimisme, à travers les incitations pour les grandes marques pour s’installer en Algérie. Depuis quelques mois, les différentes déclarations des responsables de secteur vont tous dans le même sens : On ne parle plus désormais de « simple boulonnage » mais d’une reprise d’une véritable industrie automobile dans le pays, et notamment le transfert de la technologie, un taux d’intégration local élevé et le développement de la sous-traitance et services après-vente.

Les intentions affichées par les plus Hautes autorités pour en finir définitivement avec ce dossier, n’ont jamais été aussi claires depuis octobre 2017. Alors que les nuages s’amoncellent sur le dossier de l’automobile, il semble qu’il est temps pour les Algériens d’oublier quatre ans de galère, suite à la suspension de l’importation des voitures, au moment où, paradoxalement, le marché des véhicules neufs fait face à un manque terrible, suscité par la forte demande intérieure. C’est le cas de milliers de citoyens à la recherche d’une voiture dans les limites de leur pouvoir d’achat, après que les prix ont atteint des niveaux records au point de renverser la règle économique qui dit que toutes les voitures perdent leur valeur après avoir quitté les agences de vente. Car en Algérie,bien au contraire, la valeur de la voiture augmente avec le temps, et peut-être que ce que les prix à la vente, qui ont doublé ou même triplé par rapport au prix d’achat il y a des années, au niveau des marchés des voitures d’occasion en est la meilleure preuve. Ensuite, il y a cette attente dans laquelle vit le citoyen en espérant voir le marché automobile se stabilisé, qu’il soit pour les véhicules neufs ou d’occasion, et aussi l’impératif de renouveler de parc national automobile, devenu obsolète au fils des années précédentes. Qualifiant le dossier automobile d’« épineux », les premiers pas de sortie de crise ont été entamé avec l’annonce de Président de la République que l’année en cours sera une « année économique par excellence ». En octroyant des avantages et incitations fiscales pour les industriels, la loi sur l’investissement, promulguée récemment, ouvre la porte aux investisseurs issus de l’intérieur et extérieur de pays, dont les grandes marques de l’automobile. Ces dernières en avaient formulé la demande d’intégrer le marché national, mais en vain. La seule condition met en avant par les Autorités est que les futurs investissements contribuent au lancement de projets exportateurs et créateurs de richesses et d’emplois. Le paysage de l’industrie automobile devient donc moins noir, avec cet indicateur de taille : Pas d’importations tout azimut, ce qui pèse lourdement sur les réserves de changes, oui à l’investissement pour diversifier les revenus du Trésor public. Lundi dernier, à l’occasion de la visite du président du conseil des ministres italien en Algérie, le dossier de l’industrie automobile a été parmi les points évoqués dans le cadre des pourparlers du Forum économique algéro-italien. Lors de l’ouverture de cet événement économique important, auquel ont pris part plus de 500 hommes d’affaires, dont 180 Italiens, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a expliqué que les entreprises italiennes « ont de nombreuses opportunités d’investissement dans notre pays », mettant en exergue les efforts déployés par l’Algérie pour réaliser une « véritable industrie » dans le secteur automobile, compte tenu de ses facteurs de succès, notamment l’augmentation du taux d’intégration, le transfert de technologie et le développement de la sous-traitance. Lorsque l’industrie de l’assemblage automobile a été lancée en 2015, l’Algérie vivait un grand rêve basé sur une véritable industrie mécanique qui contribue à répondre à la demande locale et à l’exportation. Cependant, après des années d’installation et de montage, les usines de roues gonflées qui ont siphonné les devises fortes du trésor public qui s’élevaient à des milliers de milliards sans atteindre l’objectif souhaité. Au contraire, cela a révélé un fiasco dont les ficelles étaient mises dans l’objectif de piller l’argent public, sans aucun bénéfice ou valeur ajoutée pour l’économie nationale. Pour réduire les pertes, l’État a dû mettre un terme à l’illusion de ces usines de montage de voitures, en essayant un nouveau plan de lancement d’une véritable et réelle industrie automobile sur place, sur lequel les autorités travaillent depuis trois ans, malgré les terrible pression des investisseurs et des hommes d’affaires pour revenir à l’importation. Toutefois, la patience et le fait de ne pas prendre de décisions hâtives ont éviter de retomber dans la même erreur précédente, d’autant plus que les trois années précédentes ont été marquées par des circonstances mondiales exceptionnelles en raison d’une nouvelle pandémie dont les répercussions économiques ont enflammé le marché de l’automobile. A cet égard, le cahier des charges constituait le point le plus important de l’industrie automobile, car il intéressait les investisseurs et les médias, notamment en ce qui concerne le taux d’intégration, qui était auparavant fixé à 30 %, mais c’était un véritable obstacle aux investisseurs souhaitant entrer dans ce domaine. Par conséquent, il est décidé qu’il sera calculé à l’avenir sur une base réelle, en fonction du taux de pièces de rechange fabriquées localement, contrairement à ce qu’il était dans le passé, c’est-à-dire en calculant le taux sur une base financière, que les spécialistes ont jugée inefficace compte tenu de la fluctuation de la valeur de la monnaie nationale dans le temps. Ainsi, le président de la République, à la fin de l’année dernière, a ordonné une révision immédiate du cahier des charges d’importation des voitures et accéléré l’annonce des concessionnaires ayant l’agrément, soulignant en même temps la mise à disposition obligatoire du service après-vente localement et dans les grandes villes comme condition d’acceptation de leurs dossiers. C’est le cas des conditions annoncées par le ministre de l’Industrie, Ahmed Zegjdar, qui a affirmé que l’Algérie a toutes les capacités pour lancer une industrie automobile locale, et pour réaliser une véritable industrie mécanique qui sera le moteur de lancement l’économie nationale. Il a fait part de la volonté de marques internationales de s’installer en Algérie, expliquant que le système d’importation d’équipements de production – exigeant un document d’un expert assermenté résidant en Algérie – contribuerait au développement de différentes industries et éviterait les importations inutiles.

H.M.

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