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vendredi, janvier 27, 2023

Décrochant de nouveaux contrats dans le public et privé : Un carnet de commande en hausse pour l’Ecorep

Plongée dans l’incertitude il y a quelques années suite à des difficultés
financières, pénuries de matériaux, manque d’approvisionnement et recul de
l’activité, l’entreprise publique de construction navale, Ecorep, retrouve sa
forme à coup des investissements et plan de restructuration établi récemment
par l’État.

Une nouvelle prouve de l’efficacité du Plan de relance économique et la
stratégie de l’État orientée vers l’exportation et l’encouragement de l’industrie
nationale, ce qui se voit dans les carnets de commandes bien remplis de
l’Ecorep.

Sans doute du fait des instructions de président de la République, Abdelmadjid
Tebboune, d’interdire le recours à des produits ou services de l’étranger qui
sont disponibles en Algérie, cette filière de AGM-Holding a vu ses activités
bondir, portées par l’appréciation positive de la qualité de ses produits et
ingénierie.

Cela lui a permet de décrocher des contrats dans les secteurs public et privé.

Spécialisée dans l’industrie navale civile dans le domaine de la pêche maritime,
Ecorep, qui emploie 110 personnes, a décroché un contrat de livraison de 3
navires remorqueurs en acier au profit de la société de gestion et d’exploration
des terminaux marins à hydrocarbures (STH), filiale de Sonatrach.

Construit par le chantier naval de l’Ecorep – établi sur 2,8 hectares sur le port
de Bouharoune (Tipaza), considéré comme le plus grand usine navale dans le
domaine civile en Algérie – sur la base d’une conception et savoir-faire 100 %
algériens, le premier remorqueur en acier a été mis à l’eau le 7 janvier de cette

année en présence de ministres du gouvernement (Industrie, Transports,
Énergie) ainsi que le DG de la Sonatrach.

D’une longueur moyenne de 15 mètres et d’une grande puissance de
remorquage (jusqu’à 20 tonnes), ce navire, servant à guider, tirer, pousser les
gros bateaux entrant et sortant des ports, a été mis en service aussitôt au sein
de la flotte de Sonatrach au port de Béjaïa.

Deux autres navires de même type devraient le rejoindre respectivement en fin
mars 2023 et fin mai 2023.

« Nous nous réjouissons de fait que Sonatrach nous a offert une occasion pour
fabriquer ce produit qui est unique au niveau national », s’est félicité hier sur
les ondes de la Radio nationale Hamid Benderradji, directeur général de
l’Ecorep.

« C’est une première en Algérie, nous avons concrétiser les recommandations
du président Tebboune de faire de l’année 2023 une année économique par
excellence. Les années 2021 et 2022 étaient des années de la restructuration et
de la refondation de la société, et l’année 2023 nous l’avons entamé le 7
janvier avec la livraison d’un remorqueur qui est actuellement en service au
niveau de port de Béjaïa », a-t-il expliqué.

Le DG de l’Ecorep a défendu son entreprise de certaines critiques présentant
ces réalisations comme étant de « simple montage », se disant « très fier du
travail accompli par les ingénieurs et techniciens de l’usine ».

« Le montage dans l’industrie navale c’est quand-même pas une chose facile »,
a-t-il insisté, estimant que cela « augure de bien et d’un avenir radieux pour la
filière ».

Pour permettre sa relance et redéploiement sur le plan de l’investissement,
l’État a accordé un soutien financier à l’Ecorep de l’ordre de 1,4 milliards DA,
servant à acquérir une infrastructure pour le chantier naval pour fabriquer des
navires atteignant jusqu’à 40 mètres, ainsi qu’un bassin pour assurer la
maintenance des navires et un quais dédié à la même activité.

« La seule difficulté est que nous ne pouvons pas aller à la fabrication de
navires de plus de 40 mètres de long », a regretté Benderradji.

Affichant de la confiance quand aux prochains mois, le DG de l’Ecorep a dit que
les récents investissements et acquisitions de son entreprise lui permet
d’espérer augmenter son chiffre d’affaires.

« Nous avons un bureau d’étude au niveau de l’entreprise qui nous fait les
plans et conceptions initiaux pour la fabrication des navires. Nous sommes
prêts à répondre à toutes les commandes émanant des clients. Mais nous nous
fixons deux conditions : la sécurité et la qualité, c’est primordial pour nous. À
part cela le client peut demander ce qu’il veut. Le slogan de la société est :
« naviguer en toute sécurité » », a-t-il souligné.

« Nous avons déjà de grands et ambitieux plan de charges. Le ministre des
Transports a annoncé récemment que les futurs remorqueurs pour le compte
de la Sonatrach seront exclusivement fabriqués sur le chantier de Bouharoune.
Cela bien-sûr représente un grand défi pour l’Algérie », a-t-il ajouté.

Ce chantier compte des effectifs au nombre de 110 personnes : 90 % des
cadres techniques qualifiés se trouvent dans la production et 10% dans
l’administration. La structure la plus importante est le breuereu études avec 4
ingénieur, et réparties sur les différents chantiers, a précisé le même
interlocuteur.

« Nos employés et techniciens subissent régulièrement des sessions de
recyclage et de formation dans les domaines et compétences nécessaires pour
la construction des futurs navires commandés, en fonction des moyens de
l’entreprise. L’Ecorep a traversé des années difficiles dans le passé, mais
aujourd’hui nous entamons une nouvelle ère », a-t-il indiqué.

Toutefois compte tenue des effectifs de l’Ecorep jugé réduit pour construire en
grande quantité, l’entreprise a fait le choix de recourir à la sous-traitance.

« Nous sous-traitons avec plusieurs opérateurs nationaux. Nous nous ouvrons
au opérateurs pour créer de la croissance autour de nous. Parmi nos objectifs
est d’être une locomotive de tous opérateurs économiques nationales comme
les petites usines et les startups spécialisés en construction navales. Nous
prospectons et recherchons toujours les opportunités de coopération car nous
croyons en les compétences nationales », a-t-il affirmé.

Optimiste, Benderradji a évoqué un accord signé entre le groupe AGM-Holding
et la Chambre nationale de la pêche maritime visant la remise à niveau et la
restauration de la flotte du secteur de la pêche, composée de 6 050 unités de
pêches tout types confdus, 30 % nécessitant réparation et mise à niveau.

La sous-traitance y jouera un rôle, car les entreprises privées de maintenance
navale seront impliquées.

Sur le chapitre de la fabrication des navires hors secteur de la pêche,
Benderradji a souligné que l’Ecorep a conclu lors de la dernière édition de la
Foire de la production nationale une commande pour la fabrication de 8
navires de plaisance au profit de deux clients, ce qui profitera au secteur de
tourisme de notre pays.
Hamid Mecheri

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