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dimanche, septembre 25, 2022

Crise algéro-espagnole : Y aurait-il des conséquences sur les ressortissants algériens ?

Les restrictions économiques sur le commerce extérieur touchant les produits de et vers l’Espagne prononcées par l’ABEF (Association des banques et établissements financiers) suite à la suspension par l’Algérie du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec Madrid, auront des conséquences directes sur l’économie du royaume ibérique et ses entreprises qui se verront privés de possibilités d’exportations à notre pays. Cependant, cela risque également d’impacter l’activité des sociétés de transport aérien et maritime entre les deux pays, et au-delà sur les intérêts de la communauté algérienne en Espagne, sans oublier la coopération qui date de plusieurs années entre les deux gouvernements sur la migration irrégulière. Le revirement du gouvernement du Pedro Sánchez en adhérant à la proposition marocaine d’autonomie de Sahara Occidentale, en violation du droit international et de l’intégrité du peuple sahraoui, a poussé l’Algérie à une série de mesures : rappel par Alger de son ambassadeur à Madrid en signe de protestation, des barrières douanières sur les produits espagnols, …

Quid de nos ressortissants installés dans ce pays ? Y aurait-il des craintes sur la suspension des vols et liaisons maritimes entre les deux pays ?

« Même si les choses évoluent à plus d’au-delà, l’Algérie continuera à subvenir aux besoins de ses citoyens [établis à l’étranger] selon les voies et moyens habituels, et n’acceptera pas que ses enfants soient lésés, quelles que soient les circonstances », a jugé l’enseignant à l’Université et chercheur, Abderahmane Bouteljda, dans des propos au quotidien « Echaâb ».

Et d’ajouter : « La preuve en est l’annonce par l’Algérie que la prise en charge consulaire des Algériens au Maroc se poursuivra, malgré la rupture des relations avec ce dernier.» Interrogé sur le sort des accords et de la coopération entre les deux pays dans les domaines de la sécurité, du terrorisme et de l’immigration clandestine, et la mobilité des personnes avec l’Espagne, qui compte la présence de milliers d’Algériens sur son sol, le chercheur a souligné que la décision du Haut conseil de sécurité dans ce domaine est sans précédent. Une décision, selon le même interlocuteur, qui exprime que la nouvelle Algérie procède à une nouvelle diplomatie dans ses relations bilatérales et régionales, ajoutant qu’elle est fidèle à ses principes de base qui la caractérisent, et en même temps elle est basée sur de réels intérêts et avantages communs et pas seulement sur du papier.

Dans ce contexte, il a évoqué les directives du président de la République au gouvernement « de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005, « clause par clause » et en fonction d’une vision souveraine et d’une approche gagnant-gagnant », d’une manière qui préserve les intérêts de notre pays sur le plan économique, diplomatique et commercial. Et c’est dans ce contexte, a développé Bouteldja, qu’intervienne « la décision récente de l’Algérie avec Madrid », qui se veut « une réponse très forte que l’on n’attendait peut-être pas de l’autre partie, qui n’est pas habituée à l’Algérie avec autant de sérieux et de courage lorsqu’il s’agit de défendre ses principes et ses intérêts ». Abderahmane Boutiljda a expliqué que la décision de l’Algérie de suspendre le traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Espagne était une réponse naturelle au non-respect non déclaré de Madrid de ce traité, signé il y a environ deux décennies, à travers son brusque revirement de position sur la question du peuple sahraoui, et le soutien explicite du gouvernement espagnol à l’occupant marocain, en soutenant le projet Makhzen visant à contourner le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, à travers la soi-disant « projet d’autonomie ». Le chercheur est revenu sur les raisons de la crise diplomatique algéro-espagnole, affirmant que l’Algérie avait convoqué son ambassadeur pour des consultations immédiatement après le changement soudain de position du gouvernement espagnol en mars dernier, une décision qui devrait être suivi par d’autres décisions en raison de la sensibilité du dossier à l’enjeu pour l’État algérien, premier soutien du peuple sahraoui. « Mais l’Algérie a pris le temps nécessaire pour prendre de telles décisions, a-t-il ajouté. Ceci afin de bien se préparer à toutes les répercussions, d’autant plus que l’Espagne est l’un des plus gros importateurs de gaz algérien ».

Hamid Mecheri

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