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mercredi, septembre 28, 2022

Cours de l’or noir : Le pétrole se reprend après sa chute libre

Les prix du pétrole repartent à la hausse aujourd’hui, après leur plongeon de la veille. Les craintes d’une récession dans les pays consommateurs de brut, qui pourrait détruire la demande, demeurent vives, alors que les inquiétudes quant aux perturbations de l’offre semblent se tasser quelque peu. Aujourd’hui tôt le matin, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre se négociait à 104,18 dollars, en progression de 1,41%. La veille au soir, il avait dégringolé de 9,45% à 102,77 dollars le baril, non sans avoir dévissé en cours de journée de près de 10%. Quant aux 159 litres de West Texas Intermediate (WTI), la bourse spécialisée dans l’énergie.) américain pour livraison en août, ils repassant le seuil des 100 dollars, s’apprécient de 0,97% à 100,47 dollars. Mardi soir, ils avaient cédé pas moins de 8,23% à 99,50 dollars, glissant sous les 100 dollars pour la première fois depuis le 11 mai.

« De toute évidence, la trajectoire du pétrole s’est complètement inversée », a commenté Phil Flynn de Price Futures Group. « Il y a beaucoup d’inquiétudes sur une éventuelle récession et aussi quant au fait que la Chine a imposé des tests du Covid-19, en masse », a indiqué l’analyste.

Le ministère de la Santé chinois a fait état mardi de 335 nouveaux cas positifs à l’échelle nationale et le pays imposant une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la maladie, les autorités ont lancé une nouvelle série de tests PCR obligatoires dans la plupart des districts de Shanghai. « Cela soulève des inquiétudes sur le fait que la demande de pétrole de la Chine risque de s’affaiblir », a indiqué Phil Flynn.

Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, « les craintes de récession réduisent les perspectives de la demande de pétrole et font baisser les prix ». En passant sous la barre des 100 dollars depuis presque deux mois pour le WTI), la bourse spécialisée dans l’énergie, le pétrole a franchi un important « seuil psychologique ». L’analyste évoque la possibilité d’une baisse des cours jusqu’à un prochain niveau fatidique, celui des 85 dollars le baril. Dans un scénario de récession, les analystes de Citi évoquent même des prix du pétrole qui tomberaient à 65 dollars le baril d’ici à la fin de l’année, puis à 45 dollars en l’absence d’intervention de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+). « Tout arrive un peu en même temps et le marché est très nerveux de la direction que prend l’économie, ce qui entraîne beaucoup de volatilité », a ajouté Phil Flynn, alors que l’Europe a enregistré des indicateurs d’activité décevants. Par ailleurs aux États-Unis, « certains trouvent que la demande d’essence n’a pas été aussi forte qu’anticipé pendant le long week-end férié du 4 juillet », la fête de l’Indépendance, poursuivait l’analyste.

Le marché pétrolier « se détourne de l’inflation » et se dirige vers le « désespoir économique », a affirmé Stephen Innes, analyste chez Spi Asset Management. Des « indices PMI soulignent les risques de récession dans la zone euro », faisait valoir Neil Wilson, analyste chez Markets.com, pour qui « la récession semble inévitable ». La croissance de l’activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis 16 mois, selon l’indice PMI composite final publié mardi par S&P Global. Les craintes de récession mondiale ont donc pris le pas sur « les problèmes d’approvisionnement les plus évidents » qui sont désormais « relégués au second plan », affirme M. Innes. « Les signaux contradictoires actuels donnés par la demande (baissière) et l’offre (haussière) de l’équation pétrolière font de la prévision des prix du pétrole une tâche laborieuse », a commenté Tamas Varga, analyste chez PVM Energy. « Il est impossible de prévoir quand l’attention se déplacera irrévocablement de l’offre vers la demande », explique-t-il.

Mehdi O.

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