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mardi, août 16, 2022

Complexes

Par Salah Bey

« Je suis africain, méditerranéen, maghrébin, algérien et être humain », a fait savoir récemment, à Oran, l’écrivain célèbre avec son nom de plume Yasmina Khadra, dans une déclaration virulente adressée aux racistes qu’il a probablement croisés.

Paradoxalement, il n’a pas dit « je suis Arabe » par opposition à ces racistes et refuse de se dire Amazigh à ceux qui ignore ce segment de notre identité. A quoi rime cette amère réalité de décliner son identité ou la fuir.

L’auteur de « Ce que doit le jour à la nuit », parait visiblement complexé par les anti-arabes pour avouer être Arabe et en même temps de se dire Amazigh, avant d’être africain ou méditerranéen. Car en réalité nous sommes d’abord Amazighs d’origine et Arabes de culture. C’est cela la réalité.

Depuis des siècles, la seule nationalité à laquelle les Algériens se réfèrent pour se définir, c’est l’Arabité. Nos ancêtres n’ont jamais dit « je suis Méditerranéen ou Africain » ou Maghrébin, peut-être, pour se distinguer des Arabes de l’Orient.

Bref, face aux renégats et par fidélité à nos aïeux, l’on doit pas avoir honte de le dire que tu es un Arabe Mr Yasmina Khadra aux racistes anti-arabes, sans tomber par réaction dans le piège de l’anti-amazighité. Oui, les Algériens sont Amazighs conscients ou inconscients.

Rendu célèbre sous les identifiants de sa femme, en reconnaissance au soutien qu’elle lui a procuré pendant tout son parcours, Moulleshoul (c’est son vrai nom) s’est intelligemment mu de sa peau originale en cachant, pour des intérêts étroits, son prénom qui est Mohamed.

Cela croise étrangement, l’attitude d’un autre « illustre » auteur tlémcénien qui se cache sous le diminutif « Amine » à la place de Mohamed Amine (Zaoui). Ce dernier, ose même s’attaquer à ses origines, dénigre sa langue maternelle et vante son dernier pondu sur le Chewingum ! 

Lundi face à un auditoire avide de lecture et de savoir, le natif de Kenadsa a nié l’universalité à un panel d’auteurs aînés qui ont pris la plume alors qu’il faisait l’allée et revient à la medersa, à l’instar des Rachid Boudjedra, Mouloud Feraoun, Abdelhamid Benhadouga, Malek Haddad, Assia Djebbar, Mouloud Mameri, Tahar Ouettar, Z’hor Ounissi, qui ne jouaient pas aux mots croisés mais leurs œuvres étaient également traduits en plusieurs langues, voire constituer même des modèles d’inspiration et d’imitation.

Des écrivains qui ont fait, entre tant d’autres, la renommée de la littérature algérienne, en racontant les douleurs, les deuils, les peines et les espoirs d’un peuple forgé dans les dédales d’une longue et riche Histoire, chacun à sa manière, son style et la langue avec laquelle ils dissertent aisément leurs sentiments et les cris de leurs concitoyens.

Et ça ma foi ! On le retrouve pas chez l’auteur d’ »Emilie », « Les hirondelles de Kaboul », « Morituri » et « Les sirènes de Baghdad » ! A se demander pourquoi écrit-on si ce n’est pour raconter au monde sa culture, ses traditions et le vécu de sa nation. L’écriture c’est livrer des fragments de son histoire …

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